En piste avec Fabio Quartararo: "un peu plus de Français et un peu moins d'Espagnols en tête"

Paris (AFP) –

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Devenu l'an dernier le premier Français vainqueur d'un Grand Prix dans la catégorie reine de la vitesse moto depuis 1999 et candidat au titre mondial en MotoGP cette année, Fabio Quartararo raconte sa saison à l'AFP.

Pour ce deuxième épisode, avant la sixième manche en Italie dimanche, il s'est confié pendant quelques jours de "relâche" ("mais toujours en s'entraînant !") auprès de sa famille, à Nice, ponctués d'une visite au GP de Monaco de Formule 1.

Au menu des discussions avec le leader actuel, pour un point, du classement des pilotes, son opération début mai pour un "syndrome des loges" qui s'est révélé en course quelques jours plus tôt, ou encore le podium partagé avec son compatriote Johann Zarco au GP de France mi-mai.

"Ce problème physique, c'est frustrant sur le moment parce qu'on sait qu'on peut gagner la course, mais je ne me suis pas dit: on n'est plus favori. On a eu un problème, on s'est fait opérer et voilà. Ca peut arriver et on ne perd pas un championnat sur une course."

"Le genre de cicatrice qu'on a, c'est gros et ça impressionne un peu, mais, quelques heures après l'opération, je commençais la rééducation. La première fois que je l'ai fait (en juin 2019), j'avais un peu peur mais, après, on sait ce que c'est: ça n'est pas rien du tout mais on peut très bien conduire avec les points de suture. Au début, ils tirent mais ça fait partie du job. On sait que ça va nous faire un petit peu mal mais ça n'est rien de grave."

Lors de la manche suivante, le GP de France au Mans, "je n'ai pris aucun antidouleur parce que ça n'était pas une course très physique et j'ai bien fait. J'ai de la chance: mon bras a gonflé après, mais pas énormément, et j'ai pu vraiment bien récupérer."

L'épreuve était à huis clos, pandémie de Covid-19 oblige, mais, autour du circuit, "on avait beaucoup de fans et c'était vraiment cool de les voir à l'entrée et quand on est reparti le dimanche. Dans des situations aussi difficiles, ça fait du bien de passer un petit moment avec eux."

- "Deux Français sur le podium, c'est exceptionnel" -

"De plus en plus, avec Johann (Zarco), on arrive à faire quelque chose de cool pour le sport français en moto. Je pense que ça n'est que le début et j'espère qu'on pourra le faire monter de plus en plus."

"On ne peut pas dire qu'on est potes, on est vraiment rivaux, mais j'ai une très, très bonne relation avec Johann. On a énormément de respect entre nous. C'est cool de se battre pour des pole positions et des podiums. Si on arrive à faire bifurquer un peu plus de Français et un peu moins d'Espagnols en tête, c'est cool et ce rapport de respect vient aussi de là. Voir deux Français sur le podium, comme au Qatar et au Mans, c'est exceptionnel: on n'est que deux et on a réussi à le faire deux fois en cinq courses ! J'espère que ça va continuer."

"C'est un bon moment pour le public et aussi pour nous. On s'amuse ! Il faut se rappeler que c'est énormément de stress et ça fait du bien de se dire: on a terminé, on a fait une très belle course. Il faut profiter de ces moments."

La suite, c'est ce week-end au Mugello, fief de Ducati depuis 2017, et le suivant à Barcelone, où le N.20 s'est imposé en Moto2 en 2018, a décroché son premier podium en MotoGP en 2019 et gagné l'année dernière. "Des circuits que j'aime beaucoup mais qui, sur le papier, ne sont pas les meilleurs pour nous (chez Yamaha)."

Propos recueillis par Raphaëlle PELTIER.