Pro D2: Avec Bruni, Vannes reverdit

Vannes (AFP) –

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Il était le N.8 de l'Argentine lors de la victoire historique contre les All Blacks et fait désormais les beaux jours de Vannes: Rodrigo Bruni va être un atout de poids pour le club breton lors de la demi-finale de Pro D2 dimanche contre Biarritz.

Quand le club du Morbihan a annoncé en décembre l'arrivée du solide Puma, les passionnés de rugby, tout comme les joueurs du club, sont restés comme deux ronds de flan. "Quand on a vu ça, on s'est dit +waouah, il a choisi Vannes!+", s'amuse le centre Kevin Burgaud, un élément "historique" du club. "Tant mieux pour nous et pour le championnat car des joueurs comme cela, il n'y en a pas beaucoup..."

"Il est arrivé en joueur supplémentaire. Au bout d'une semaine, on s'est rendu compte que c'était un phénomène !", sourit le président Olivier Cloarec, louant ses qualités "humaines, sportives, techniques et physiques".

Car ce solide gaillard (1,89 m et 110 kg), brun au teint mat, est un pur produit de la formation argentine au sein de laquelle il avait auparavant effectué toute sa carrière.

D'une famille de quatre enfants, originaire de Tandil, une ville de 120.000 habitants au sud de Buenos Aires, Rodrigo Bruni a commencé vers 14 ans à tâter de la balle ovale. Il rejoint La Plata à 20 ans et le maillot de San Luis, connu pour être le club d'Agustin Creevy, le Puma le plus sélectionné de l'Histoire.

A ce niveau-là, "le rugby est encore totalement amateur en Argentine: je faisais plusieurs petits boulots, barman, mécanicien dans un garage ou conseiller immobilier", explique "El Octavo" (le numéro huit) à l'AFP.

Sa puissance, sa vitesse et sa dextérité ne passent pas inaperçu: il revêt la tenue zébrée bleu et blanche de l'Argentine en 2018, jouant le test-match contre la France à Villeneuve-d'Ascq (défaite 28-13), puis la Coupe du monde en 2019 au Japon (un match contre les USA) avant d'être titulaire lors du fameux succès en novembre face à la Nouvelle-Zélande (25-15).

- Un an supplémentaire -

Tout naturellement, il avait intégré en 2018 les Jaguares, la franchise argentine disputant le Super Rugby et son jeu "hyper-rapide", comme il le décrit. Mais avec la fin de l'aventure des Jaguares dans le championnat de l'hémisphère Sud, c'est vers l'Europe et la France que Rodrigo Bruni voit son avenir, à l'image de nombreux autres Pumas.

"Depuis que je suis petit, j'adore le rugby européen et le rugby français qui passe à la télévision en Argentine. Et la France, et Vannes, sont un bon endroit pour tenter sa chance", confesse Rodrigo, d'un caractère humble et réservé, travailleur, et qui apprécie de surfer du côté de Quiberon.

"Je ne sais pas si c'est partout pareil en France mais ici, à Vannes, les gens ont vraiment été super accueillants avec moi", glisse-t-il.

Car s'il ne parle pas français, il a pu néanmoins facilement s'adapter facilement au jeu hexagonal, marquant sept essais et se disant "étonné par la longueur de la saison avec 30 matches programmés avant les phases finales et le caractère très physique" du jeu pratiqué.

Preuve de sa bonne intégration dans le Morbihan, il a décidé à 27 ans de prolonger son contrat.

"Malgré les propositions qu'il avait des clubs du Top 14, il a accepté de rester un an supplémentaire. Il a ce côté reconnaissant pour le club qui est allé le chercher pour sa première expérience en France et il est convaincu qu'on va aller au bout et rejoindre le plus haut niveau", note Olivier Cloarec.

Faisant partie du squad retenu par Mario Ledesma pour les tests contre le pays de Galles en juin et le Rugby Championship (14 août-2 octobre), Rodrigo Bruni a auparavant un sacré défi à relever: concasser la défense du BO et faire partie de la première équipe bretonne à intégrer l'élite du rugby français.