Roland-Garros: Osaka, allô la terre ?

Paris (AFP) –

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Naomi Osaka, quadruple lauréate en Grand Chelem sur dur mais pas à l'aise sur terre battue, a décidé de ne participer à aucune conférence de presse à Roland-Garros. La nouvelle star du tennis mondial avance la préservation de sa santé mentale.

Osaka, N.2 mondiale et victorieuse de l'Open d'Australie en début d'année, sera la première à fouler le court Central dimanche, dès onze heures, face à la Roumaine Patricia Maria Tig (63e). Mais quel que soit son résultat, la Japonaise ne répondra pas aux questions des journalistes après.

Déjà, elle n'a pas donné de conférence de presse d'avant-tournoi.

C'est sur les réseaux sociaux mercredi qu'Osaka (23 ans) a fait part de sa décision.

"J'ai souvent eu le sentiment que les gens n'ont aucun égard pour la santé mentale des sportifs et ça me frappe à chaque fois que je vois une conférence de presse ou que j'y participe", s'est-elle justifiée.

"Souvent, on nous pose des questions qu'on nous a déjà posées de nombreuses fois, ou des questions qui nous font douter et je ne vais pas me soumettre à des personnes qui doutent de moi", a-t-elle poursuivi.

Son choix pourrait lui coûter jusqu'à 20.000 dollars (environ 16.500 euros) par conférence de presse zappée, selon le règlement de la WTA.

- Une seule victoire -

"Si les instances pensent qu'elles peuvent juste continuer à nous dire +Allez en conf' ou vous aurez une amende+, et à ignorer la santé mentale des sportifs qui sont la pièce maîtresse, alors je préfère en rire", a lancé Osaka, qui avait donné de la voix l'été dernier en plein mouvement "Black Lives Matter".

Cette fois, elle n'a pas vraiment trouvé d'écho parmi joueuses et joueurs.

"Sans la presse, sans les gens qui voyagent pour écrire sur nos victoires, nous ne serions probablement pas les sportifs que nous sommes aujourd'hui. Nous n'aurions pas la reconnaissance que nous avons à travers le monde, et nous ne serions pas aussi populaires, considère Rafael Nadal, le maître des lieux à Roland-Garros. Les médias sont une partie très importante de notre sport."

Côté court, sur terre battue, Osaka est à des années-lumière des résultats stratosphériques du Majorquin.

La Japonaise, qui a grandi aux Etats-Unis sur dur, la surface sur laquelle elle a remporté ses quatre trophées majeurs, deux à l'US Open (2018 et 2020) et deux à l'Open d'Australie (2019 et 2021), n'a encore jamais atteint la moindre finale sur ocre, ni dépassé le troisième tour à Paris (2016, 2018 et 2019).

Cette saison, elle n'y a gagné qu'un match, à Madrid (contre Doi), et en a perdu deux.

- "Apprendre à glisser" -

"Les deux premiers jours où je me suis entraînée sur terre battue cette année, j'étais très agacée, parce que j'ai l'habitude, quand je reprends, de bien sentir la balle et de ne pas sentir que je n'ai pas joué depuis un petit moment, racontait-elle dans la capitale espagnole. Mais sur terre battue, c'est très différent, il faut ajuster son jeu de jambes différemment, les faux rebonds sont vraiment perturbants."

"Wim (Fissette, son entraîneur, ndlr) m'a dit que c'était normal et qu'il fallait simplement que je reste calme", poursuivait-elle.

L'année dernière, Osaka avait fait l'impasse sur la tournée raccourcie sur ocre après la reprise du circuit mondial à l'été. Si bien qu'il s'est écoulé près de deux ans entre son retour sur la surface début mai à Madrid et son dernier match en date jusque-là, au printemps 2019, une incursion infructueuse en Fed Cup en février 2020 (défaite contre l'Espagnole Sorribes) mise à part.

Battue par la Tchèque Karolina Muchova dès son deuxième match sur la terre battue madrilène, "je veux apprendre à glisser comme elle le fait", déclarait l'ex-N.1 mondiale. "J'espère pouvoir apprendre à faire ça. Peut-être que ça demandera quelques années à jouer sur terre battue, j'espère être capable d'apprendre vite."

Pour l'instant, Osaka n'a encore jamais battu de joueuse du top 20 sur ocre en sept confrontations.