Ouverture du procès de Jacques Rançon à Amiens pour un meurtre vieux de 35 ans

Amiens (AFP) –

Publicité

Le procès de Jacques Rançon, surnommé "le tueur de la gare de Perpignan", s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de la Somme pour le viol et le meurtre en 1986 d'Isabelle Mesnage, une affaire longtemps restée dans les limbes.

Déjà condamné en 2018 à la réclusion à perpétuité pour les viols et meurtres de deux femmes à Perpignan en 1997 et 1998, cet ancien cariste de 61 ans s'est présenté mardi devant la cour d'assises en chemise blanche et pantalon noir, cheveux gris mi-longs plaqués en arrière, l'air maître de lui derrière ses lunettes.

Jeune informaticienne de 20 ans partie en randonnée, Isabelle Mesnage avait été retrouvée morte le 3 juillet 1986, à la lisière d'un bois, à une douzaine de kilomètres d'Amiens.

L'enquête avait piétiné avant d'aboutir à un non-lieu en 1992.

Elle avait été relancée en 2017 quand une avocate, Corinne Herrmann, spécialiste des affaires restées non élucidées, avait fait le lien entre Jacques Rançon, alors mis en cause pour les meurtres de Perpignan après l'identification de son ADN, et la mort d'Isabelle Mesnage.

L'avocate avait demandé au nom de la famille la réouverture des investigations, pointant également les décès de deux femmes dans l'Aisne restés non élucidés, et obtenu gain de cause.

Une nouvelle autopsie avait confirmé de fortes similitudes avec le mode opératoire de Jacques Rançon.

En garde à vue, Jacques Rançon a avoué, à sa septième audition, puis devant le juge d'instruction, avoir violé et tué Isabelle Mesnage, expliquant avoir mutilé le corps pour qu'aucune trace de lui ne soit retrouvée.

Mais il s'est ensuite rétracté dans un courrier, disant avoir subi des pressions des enquêteurs, campant sur cette position jusqu'à la fin de l'information judiciaire.

"L'audience est un grand moment de catharsis. Il peut se passer des choses qu'on n'attend pas", a affirmé à l'AFP avant l'audience Me Didier Seban, qui représente avec Me Herrmann les parties civiles.

L'important est "qu'une vérité judiciaire soit dite à un moment, 35 ans après les faits", notamment pour les parents âgés de la jeune femme, a-t-il relevé.

"Cette audience est aussi une façon de travailler sur d'autres crimes qu'il aurait pu commettre. Nous pensons qu'on n'est pas au bout de l'histoire", a-t-il insisté.

Originaire de la Somme, Jacques Rançon purge depuis 2018 une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour les viols, meurtres et mutilations, notamment au niveau des organes génitaux, de Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez.