Athlétisme: Ronnie Baker prend date avant Tokyo

Monaco (AFP) –

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L'Américain Ronnie Baker a marqué son territoire en remportant vendredi le 100 m du meeting Ligue de diamant de Monaco devant la plupart des candidats au titre olympique à Tokyo (23 juillet-8 août).

A deux semaines de l'ouverture des Jeux, les organisateurs de la réunion monégasque avaient concocté un casting royal sur la ligne droite avec les trois qualifiés US (Baker, Trayvon Bromell, Fred Kerley), le recordman d'Afrique Akani Simbine et le Canadien Andre De Grasse. C'est finalement Baker qui s'est montré le plus fort (9 sec 91), de quoi frapper les esprits avant le grand rendez-vous des JO.

Deuxième des redoutables "Trials" derrière Bromell, le sprinteur de Louiseville (27 ans), sans palmarès notable jusque-là, a devancé Simbine (9 sec 98) et l'Italien Marcell Jacobs (9 sec 99) et s'annonce comme un prétendant plus que crédible à la succession d'Usain Bolt, d'autant que ses deux compatriotes ont largement déçu.

Bromell, meilleur performeur mondial en 2021 (9 sec 77), n'a fini que 5e en 10 sec 01 et Kerley a terminé 6e en 10 sec 15. C'est donc avec un moral gonflé à bloc que Baker va s'attaquer à son grand défi olympique.

"Je suis confiant parce que je sais que je suis l'un des meilleurs sprinteurs du monde, je n'ai aucun doute là-dessus, a-t-il affirmé. J'ai eu beaucoup de blessures depuis 2018 mais je peux encore aller plus vite, être plus explosif et je peux encore m'améliorer, notamment sur mes 30 premiers mètres."

Les autres stars au programme du meeting ont connu des fortunes diverses. Une semaine après son exploit historique à Oslo (46 sec 70), Karsten Warholm est resté à bonne distance de son tout frais record du monde du 400 m haies (47 sec 08). En l'absence de l'Américain Rai Benjamin, 3e performeur de tous les temps finalement resté aux Etats-Unis pour se reposer avant les Jeux, le double champion du monde norvégien a survolé logiquement la course sans toutefois s'approcher de ses standards habituels.

- Kipyegon impressionne -

"Pour moi, le plus important est d'être régulier, a expliqué Warholm. La fin de course a été assez désordonnée, c'est quelque chose que je dois encore améliorer. Je vais maintenant rentrer en Norvège pour une semaine d'entraînement avant de m'envoler pour le Japon."

Au triple saut, Yulimar Rojas a une nouvelle fois titillé le record du monde, vieux de 26 ans, d'Inessa Kravets (15,50 m). Mais la Vénézuélienne, sans rivale à sa mesure et qui a échoué cette année à sept centimètres seulement de l'Ukrainienne (15,43 m le 22 mai), a mordu quatre de ses six tentatives et a dû se contenter d'une marque à 15,12 m. Elle peut toutefois avoir de gros regrets sur ses deux derniers essai, largement au-delà du record, son pied d'appui ayant à peine touché la plasticine.

On attendait également une nouvelle démonstration de Jakob Ingebrigtsen, aligné sur 1500 m. Mais le prodige norvégien (20 ans), forfait la semaine dernière à Oslo pour cause de maux de gorge, n'a pas semblé dans son assiette (3e en 3 min 29 sec 25), laissant la victoire au champion du monde Timothy Cheruiyot (3 min 28 sec 28, meilleure performance mondiale de l'année).

Le Kényan semble remonté depuis sa surprenante 4e place aux sélections olympiques qui pourrait le priver des JO, puisqu'il s'agit de son 2e succès d'affilée en Ligue de diamant après celui de dimanche à Stockholm.

Le chrono a en revanche frémi chez les dames avec la Kényane Faith Kipyegon, auteure de la 4e performance de l'histoire sur 1500 m en 3 min 51 sec 07. La championne olympique en titre échoue à seulement une seconde du record du monde de l'Ethiopienne Genzebe Dibaba (3 min 50 sec 07) établi le 17 juillet 2015 dans le même stade.

Elle en a profité pour s'offrir le scalp de la Néerlandaise Sifan Hassan, 2e en 3 min 53 sec 60, médaillée d'or mondiale à Doha en 2019 et qui ambitionne d'effectuer un triplé historique 1500 m-5000 m-10.000 m à Tokyo.