Jadot (EELV) défend "une économie régulée économiquement et socialement"

Paris (AFP) –

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L'eurodéputé Yannick Jadot, candidat à la primaire d'EELV pour la présidentielle, a rejeté vendredi les procès en manque de radicalité contre le capitalisme qui lui sont faits dans les rangs écologistes, en défendant "une économie régulée écologiquement et socialement".

Interrogé sur franceinfo sur ces critiques, il a assuré estimer qu'"il faut dépasser le capitalisme bien sûr (...), ce modèle économique qui aujourd'hui détruit la planète (...), crée des inégalités inacceptables, conduit à un affaissement de la démocratie partout".

Mais "il n'y aura pas de transition écologique sans les entreprises, sans les salariés", et "ce qu'attendent les Françaises et les Français, ce ne sont pas des débats théoriques".

"Qui peut prétendre aujourd'hui" que s'il est élu à la présidence de la République il s'affranchira de l'économie de marché ?, a-t-il demandé: "une boulangerie c'est une entreprise, une librairie c'est une entreprise, un paysan bio a des aides publiques, il y a un cadre réglementaire, mais à un moment donné il vend sur un marché, il ne vend pas à un kolkhoze. Je suis pour une économie régulée, régulée écologiquement et socialement", a fait valoir l'eurodéputé.

Interrogé sur sa proposition de conditionner les aides publiques aux entreprises ("attribution de marchés publics, crédit impôt recherche, exonérations d'impôts") au respect du climat, du progrès social et de l'égalité femmes/hommes, il a estimé qu'"on ne peut pas donner de l'argent public à une entreprise comme Total qui va aller forer en Arctique pour obtenir des énergies fossiles".

Et dans les secteurs de la grande distribution ou des transports, où les contrats sont précaires et mal rémunérés, l'Etat, lorsqu'il verse de l'argent public à ces entreprises, "peut parfaitement imposer qu'il y ait des négociations par branche, collectives, pour le niveau des salaires, les statuts, les conditions de travail", a-t-il assuré.

Yannick Jadot a aussi évoqué le levier "immédiat" de "la loi": "vous pouvez parfaitement exclure des marchés publics" une entreprise qui ne respecterait pas l'égalité femmes/hommes.

Avec un premier tour du 16 au 19 septembre et un second du 25 au 28, la primaire d'EELV verra s'affronter cinq candidats: Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, l'écoféministe Sandrine Rousseau, l'ancienne ministre Delphine Batho et le centriste Jean-Marc Governatori.