Le naufrage d'un bateau de migrants au large de Calais fait 27 morts

Des migrants sur un canot pneumatique quittent les côtes du nord de la France pour traverser la Manche, près de Wimereux, en France, le 24 novembre 2021.
Des migrants sur un canot pneumatique quittent les côtes du nord de la France pour traverser la Manche, près de Wimereux, en France, le 24 novembre 2021. © Gonzalo Fuentes, Reuters

Le naufrage, mercredi, au large de Calais, d'une embarcation qui transportait des migrants, tentant de gagner la Grande-Bretagne, a fait 27 morts selon le ministère de l'Intérieur. Londres et Paris se sont mis d'accord pour accroître leurs efforts contre les "traversées mortelles".

Publicité

C'est un drame aussi terrible qu'inédit. La mort de 27 migrants, mercredi 24 novembre dans le naufrage de leur embarcation dans la Manche, a provoqué une onde de choc à Londres et Paris, qui sont convenus de "l'urgence" d'intensifier la lutte contre ce trafic migratoire après des semaines de tension.

Le chef de l'État Emmanuel Macron avait dans un premier temps annoncé un bilan de 31 morts, mais celui-ci a été revu à la baisse par le ministère de l'Intérieur. Parmi les victimes figurent 17 hommes, dont deux décédés à l'hôpital, sept femmes et "trois jeunes", dont on ignore encore l'âge exact, a précisé à l'AFP la procureure de Lille, Carole Étienne. Deux rescapés "apparemment somalien et irakien" étaient aussi hospitalisés et devraient pouvoir être entendus sous peu, a-t-elle indiqué. 

"La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière", a réagi Emmanuel Macron, réclamant "une réunion d'urgence des ministres européens". Il a promis que tout serait "mis en œuvre pour retrouver et condamner les responsables" de ce naufrage au large de Calais, qualifié de "tragédie" par le Premier ministre Jean Castex.

05:27

 

"Choqué, révolté et profondément attristé", le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré sur Sky News vouloir "faire plus" avec la France pour décourager les traversées illégales, pointant les désaccords franco-britanniques.

Lors d'un entretien dans la soirée, Boris Johnson et Emmanuel Macron "ont convenu de l'urgence d'intensifier les efforts conjoints pour empêcher ces traversées mortelles", selon un porte-parole de Downing Street. Ils ont aussi insisté sur "l'importance d'une collaboration étroite avec les voisins belges et néerlandais ainsi qu'avec les partenaires du continent".

Autopsies

Londres et Paris étaient déjà convenus récemment de renforcer leur coopération pour tarir les départs, après l'arrivée le 11 novembre de 1 185 migrants en Angleterre, un record.

Le drame de mercredi, redouté par les autorités et les associations, est de loin le plus meurtrier depuis l'envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche, face au verrouillage croissant du port de Calais et d'Eurotunnel, empruntés jusque-là par les migrants tentant de rallier l'Angleterre.

Les navires de sauvetage ramenant les victimes ont accosté dans la soirée dans le port de Calais, où un hangar a été ouvert pour accueillir les corps. Les dépouilles doivent être transférées à l'institut médico-légal de Lille pour autopsie, a précisé à l'AFP la procureure de la République Carole Étienne.

La Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille a été saisie de l'enquête, ouverte pour "aide à l'entrée et au séjour irréguliers en bande organisée", "homicide et blessures involontaires" et "association de malfaiteurs".

>> Sur Infomigrants : Quads, 4x4 et caméras pour contrer les traversées clandestines dans le nord de la France

Selon Gérald Darmanin, quatre passeurs soupçonnés d'être en lien avec la tragédie ont été arrêtés, mais la procureure n'a pas "confirmé cet élément dans le cadre de sa saisine".

"Du sang sur les mains"

Le drame s'est déroulé sur un "long boat", un bateau gonflable fragile au fond souple dont l'utilisation par les passeurs s'est accru depuis l'été. "Nous avons récupéré six corps à la dérive", a raconté Charles Devos, le patron de la vedette Notre-Dame du Risban de la SNSM de Calais, décrivant "une embarcation pneumatique carrément dégonflée".

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées dans la soirée près du port, munis de bougies. "Darmanin assassin t’as du sang sur les mains", ont-ils notamment scandé.

La Manche "est en train de se transformer en cimetière à ciel ouvert", s'est alarmé Pierre Roques, de l'Auberge des Migrants, une association locale.

L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), "choquée et bouleversée", a estimé que "seuls les efforts coordonnés et solidaires (...) permettront de prévenir de nouvelles tragédies".

Répondre à un questionnaire, s'inscrire et trouver quelqu'un qui vous correspond pour... débattre sur des thématiques européennes. À partir du 1er octobre, Europe Talks lance, en partenariat avec 17 médias dont France 24 et ENTR, sa plateforme pour échanger entre Européens. Prêt pour une rencontre ? 

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine