Déplacement de Pelosi à Taïwan: une "provocation" juge Mélenchon

Le chef de LFI, Jean-Luc Mélenchon,à Paris le 5 juillet 2022
Le chef de LFI, Jean-Luc Mélenchon,à Paris le 5 juillet 2022 Emmanuel DUNAND AFP/Archives

Paris (AFP) – Le chef de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon qualifie de "provocation" sur son blog le déplacement de la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis à Taïwan, affirmant qu'il "n'y a qu'une seule Chine", en pleine tension entre Taïpeï et Pékin.

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L'initiative de Nancy Pelosi, prise dans le cadre d'une tournée asiatique, est considérée par la Chine comme une provocation, un soutien aux partisans de l'indépendance de Taïwan et un reniement de la promesse des Etats-Unis de ne pas avoir de relations officielles avec l'île.

Evoquant une "provocation des USA à Taïwan", Jean-Luc Mélenchon estime dans son billet de blog hebdomadaire qu'il "n'y a qu'une seule Chine" en référence au territoire continental et que "Taïwan est une composante à part entière de la Chine", reprenant un vocable défendu par le régime de Pékin mais refusé par les autorités de Taipei.

Issue d'un parti indépendantiste, l'actuelle présidente Tsai Ing-wen refuse, contrairement au gouvernement précédent, de reconnaître que l'île et le continent font partie "d'une même Chine".

"Les Chinois règleront le problème entre eux. Il n'y a pas d'autre issue raisonnable possible", a balayé M. Mélenchon, qui accuse les Etats-Unis de vouloir "ouvrir un nouveau front".

Une position tenue depuis longtemps par l'Insoumis, qui disait l'année dernière refuser "la guerre froide avec la Chine", au sujet d'une proposition de résolution à l'Assemblée nationale en faveur de la participation de Taïwan aux travaux des organisations internationales.

Dans la soirée, l'ambassade de Chine en France a remercié par tweet Jean-Luc Melenchon "pour son soutien constant à la politique d'une seule Chine".

Pékin a lancé jeudi les plus importantes manoeuvres militaires de son histoire autour de Taïwan, une réponse musclée à la visite de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi sur l'île. L'armée chinoise a lancé une série de missiles qui ont survolé Taïwan avant de tomber pour la première fois dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon.

Vingt-deux avions de combat chinois sont brièvement entrés jeudi dans la zone de défense aérienne taïwanaise, a annoncé le ministre de la Défense taïwanais.

Pour Pékin, ces manoeuvres sont "une mesure nécessaire et légitime" après la visite de Mme Pelosi.

Les visites de responsables et parlementaires étrangers se sont également multipliées ces dernières années, provoquant l'ire de Pékin.