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Syrie : près de 80 rebelles pro-turcs tués dans des frappes imputées à Moscou

De la fumée s'échappe après le bombardement par les forces syriennes de la ville de Kansafra, dans la province d'Idleb, le 23 octobre 2020.
De la fumée s'échappe après le bombardement par les forces syriennes de la ville de Kansafra, dans la province d'Idleb, le 23 octobre 2020. © AFP - ABDULAZIZ KETAZ
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Au moins 78 rebelles syriens affiliés à Ankara ont été tués, lundi, dans des raids aériens "russes" menés contre un camp d'entraînement dans la province d'Idleb, en Syrie, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

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Près de 80 rebelles syriens affiliés à la Turquie ont été tués, lundi 26 octobre, dans des frappes attribuées à la Russie, contre leur camp à Idleb, en Syrie, l'escalade la plus meurtrière dans cette région depuis huit mois.

Dans la guerre complexe en Syrie, la Russie aide militairement le régime de Bachar al-Assad et la Turquie soutient des groupes rebelles dans la province d'Idleb, ultime grand bastion jihadiste et rebelle dans le nord-ouest du pays.

Les deux puissances étrangères ont négocié à plusieurs reprises des cessez-le-feu précaires pour cette zone et une trêve tient depuis mars, en dépit d'affrontements sporadiques dans cette région proche de la frontière turque.

>> À voir : Turquie : les guerres d'Erdogan

Les frappes aériennes attribuées à la Russie par un responsable rebelle et par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) ont visé un camp d'entraînement de Faylaq al-Cham dans la région de Jabal al-Douayli dans le nord de la province d'Idleb.

Selon un dernier bilan de cette ONG, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, "78 combattants" ont péri dans les frappes et quelque 90 ont été blessés.

Le bilan pourrait encore être revu à la hausse car certains blessés se trouvent "dans un état critique", a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "Ce bilan est le plus lourd depuis l'entrée en vigueur de la trêve" dans la province d'Idleb, a-t-il ajouté. Des dizaines de combattants se trouvaient dans le camp au moment des frappes.

"Des positions militaires, des villages et des localités pris pour cible"

Seif al-Raad, un porte-parole du Front national de libération, une coalition de groupes rebelles affiliés à Ankara dont fait partie Faylaq al-Cham, a confirmé à l'AFP des frappes russes, qui ont fait "des morts et des blessés".

Il a dénoncé les "violations" par l'aviation de Moscou et par les forces du régime de la trêve avec "des positions militaires, des villages et des localités pris pour cible".

Environ la moitié de la région d'Idleb est sous contrôle des jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda présente également dans des zones de territoires adjacents dans les provinces voisines de Lattaquié, Hama et Alep.

La trêve adoptée en mars avait stoppé une énième offensive du régime qui avait réussi en quelques mois à grignoter un peu plus des territoires échappant à son contrôle. L'offensive, marquée par des frappes quasi-quotidiennes des aviations syrienne et russe, a coûté la vie à au moins 500 civils, selon l'OSDH.

Elle avait également déplacé près d'un million d'habitants, installés essentiellement depuis dans des camps informels à la frontière avec la Turquie. Parmi eux, près de 235 000 personnes ont fait le choix du retour, profitant de la trêve, selon l'ONU.  

La guerre en Syrie a fait plus de 380 000 morts et poussé à la fuite plusieurs millions de personnes.

Avec AFP

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