Attentat de Jeddah : le prince héritier saoudien promet une "main de fer" contre les extrémistes

Le prince héritier Mohammed ben Salmane à La Mecque, le 31 mai 2019.
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à La Mecque, le 31 mai 2019. © Philippe Lopez, AFP

Au lendemain de l'attentat dans un cimetière non musulman de Jeddah, le prince héritier Mohammed ben Salmane a promis de punir d'une "main de fer" les personnes qui "veulent nuire à la sécurité et stabilité" de l'Arabie saoudite.

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a promis, jeudi 12 novembre, de frapper les extrémistes d'une "main de fer", après l'attentat à l'explosif revendiqué par le groupe jihadiste État islamique à Jeddah, la veille, contre des diplomates occidentaux.

"Nous continuerons de frapper d'une main de fer tous ceux qui veulent nuire à notre sécurité et stabilité", a-t-il déclaré dans une adresse au Conseil consultatif (Majlis al-Choura), au lendemain de l'attaque qui a eu lieu dans le cimetière non musulman de la ville portuaire de Jeddah, lors d'une cérémonie en présence de diplomates occidentaux.

"Nous continuerons d'affronter toutes idées et tout comportement extrémistes", a-t-il ajouté, selon la retranscription de son discours par l'agence officielle de presse saoudienne Spa.

Le groupe jihadiste État islamique a revendiqué jeudi l'attentat qui a fait au moins deux blessés, lors d'une cérémonie pour l'anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918.

Un employé consulaire grec et un policier saoudien ont été légèrement blessés, selon les autorités saoudiennes. Un Britannique aurait également été blessé, ce qui n'a pas été confirmé côté saoudien ou britannique.

Appel à l’"extrême vigilance" pour les ressortissants français

Selon l'agence Amaq, organe de propagande du groupe État islamique, "l'attaque visait principalement le consul de France qui assistait à la cérémonie dans le contexte de l'insistance du gouvernement de son pays à publier des caricatures insultant le prophète".

Dans un communiqué conjoint, les consulats représentés lors de la cérémonie mercredi – France, Grèce, Italie, Royaume-Uni, États-Unis – ont "condamné avec force cette lâche attaque contre des gens innocents".

Cet attentat est intervenu deux semaines après une attaque au couteau qui a blessé un garde du consulat de France à Jeddah, sur fond de colère de musulmans en raison de la publication de caricatures du prophète Mahomet par un journal parisien.

L'ambassade de France à Riyad a exhorté ses ressortissants en Arabie saoudite à faire preuve d'"extrême vigilance".

Mohammed ben Salmane met en cause la liberté d'expression

Des propos du président français Emmanuel Macron sur le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression ont déclenché la colère au Moyen-Orient et plus largement dans le monde musulman.

Dans certains pays, des portraits d’Emmanuel Macron ont été brûlés lors de manifestations et une campagne a été lancée pour boycotter les produits français.

L'Arabie saoudite, qui abrite les lieux les plus saints de l'islam, n'avait pas commenté les propos du président français mais a affirmé rejeter toute tentative de lier l'islam au "terrorisme".

Dans son discours jeudi, le prince Mohammed ben Salmane a dit espérer que "le monde arrête d'attaquer les symboles religieux sous le slogan de la liberté d'expression" car cela crée "un environnement fertile pour l'extrémisme et le terrorisme".

Mardi, la France, l'Autriche, l'Allemagne et l'Union européenne (UE) ont tenu un mini-sommet par visioconférence pour tenter de muscler la réponse européenne au terrorisme, après les récents attentats jihadistes en France et en Autriche.

Avec AFP

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