Mike Pompeo se rend dans une colonie israélienne, une première pour un secrétaire d'État américain

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, prend la parole lors d'un point presse au département d'État de Washington, le 10 novembre 2020.
Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, prend la parole lors d'un point presse au département d'État de Washington, le 10 novembre 2020. © Jacquelyn Martin, Reuters

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a effectué jeudi une visite dans une colonie israélienne de Cisjordanie avant de se rendre sur le plateau du Golan. Une première pour un chef de la diplomatie américaine. 

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Une visite sous haute tension. Mike Pompeo a effectué, jeudi 19 novembre, la première visite d'un chef de la diplomatie américaine dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée, avant un déplacement également inédit sur le Golan, territoire syrien occupé par Israël.

Le secrétaire d'État a coupé court aux rumeurs en se présentant au vignoble de Psagot, dont les bureaux sont situés dans la zone industrielle de Shaar Benjamin, qui fait partie des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, ont confirmé ses services.

"Aujourd'hui, j'aurai la chance de visiter le plateau du Golan, avait également annoncé plus tôt Mike Pompeo. La simple reconnaissance de [ce territoire] comme faisant partie d'Israël était une décision d'une importance historique du président Trump en même temps qu'une simple reconnaissance de la réalité", avait déclaré le secrétaire d'État, lors d'un point de presse à Jérusalem avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Peu après sa visite du vignoble, Mike Pompeo a annoncé que les États-Unis allaient labelliser les exportations israéliennes de Cisjordanie occupée comme provenant directement d'Israël. "Tous les producteurs dans les zones où Israël exerce son autorité (...) devront inscrire sur leurs produits 'Israël', 'Produit en Israël' ou 'Fabriqué en Israël' lorsqu'ils exporteront aux États-Unis", a déclaré le secrétaire d'État dans un communiqué.

Un soutien inégalé à l'État hébreu

Sous l'administration de Donald Trump, les États-Unis ont affiché un soutien inégalé à l'État hébreu avec la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et l'approbation de la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan pris à la Syrie en 1967, puis annexé en 1981. 

En mars 2019, les États-Unis sont devenus le premier pays à reconnaître la souveraineté israélienne sur ce territoire stratégique au carrefour du Liban et de la Syrie, une mesure dénoncée par de nombreux États. 

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"Les colonies peuvent être légales"

La colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a connu un vif essor ces dernières années, sous l'impulsion de Benjamin Netanyahu et durant la présidence Trump. Plus de 450 000 Israéliens vivent dans les colonies, jugées illégales par le droit international, en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967 et où vivent aussi environ 2,8 millions de Palestiniens.

Or en novembre 2019, presque jour pour jour, Mike Pompeo avait planté un autre clou en affirmant que ces colonies n'étaient plus, selon Washington, contraires au droit international. "Pendant longtemps le département d'État a pris la mauvaise approche sur les colonies, ne reconnaissant pas l'histoire de ce [territoire] spécial. Aujourd'hui le département d'État américain défend avec vigueur la reconnaissance que les colonies peuvent être légales […]", a-t-il réitéré jeudi. 

Les Palestiniens, qui ont coupé les ponts avec l'administration Trump, digèrent mal la visite possible de Mike Pompeo dans une colonie israélienne. Mercredi, des dizaines de Palestiniens ont manifesté à Al-Bireh, en face de Psagot, brandissant des drapeaux palestiniens. "Pompeo rentre chez toi", pouvait-on lire sur une pancarte.

"La visite prévue de Pompeo est un crime, car elle contrevient à toutes les résolutions internationales", a affirmé Mounif Treish, membre de la municipalité d'Al-Bireh. "Le vignoble [de Psagot] a été établi sur des terres privées palestiniennes. Nous avons les documents le prouvant."

"Si les relations internationales se basent sur des bouteilles de vin, alors c'est la mort de la diplomatie", a déclaré plus tôt cette semaine le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh.

Question peut-être aussi d'appuyer la vente à l'étranger des vins des colonies, Mike Pompeo a annoncé que Washington allait prendre des mesures "immédiates" contre des organisations liées à la campagne BDS de boycottage d'Israël, qu'il a qualifiée "d'antisémites".

Avec AFP

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