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Assassinat d'un scientifique iranien : Israël cherche à créer le "chaos" selon Rohani

Le président Hassan Rohani accuse Israël d'être derrière l'assassinat d'un spécialiste du nucléaire iranien.
Le président Hassan Rohani accuse Israël d'être derrière l'assassinat d'un spécialiste du nucléaire iranien. © AFP
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Hassan Rohani a accusé samedi Israël de se cacher derrière l'assassinat d'un scientifique de premier rang, spécialiste du nucléaire. Selon le président iranien, l'État hébreu aurait agi pour le compte des États-Unis. De son côté, le guide suprême, Ali Khamenei, a appelé à "punir" les responsables. Plusieurs scientifiques spécialisés dans le domaine nucléaire en Iran ont été assassinés ces dernières années.

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Israël "mercenaire" des États-Unis : le président iranien, Hassan Rohani, a accusé samedi 28 novembre l'ennemi juré de son pays de vouloir semer le "chaos", tandis que le guide suprême, Ali Khamenei, appelait à "punir" les responsables de l'assassinat la veille près de Téhéran d'un scientifique de haut rang dans le programme nucléaire iranien.

"Une fois de plus, les mains impitoyables de l'arrogance mondiale, avec le régime sioniste usurpateur comme mercenaire, sont souillées du sang d'un fils de cette nation", a dénoncé Hassan Rohani dans un communiqué. L'Iran utilise en général l'expression "arrogance mondiale" pour désigner les États-Unis.

De son côté, l'ayatollah Khamenei a plaidé pour que "suite soit donnée à ce crime et, à coup sûr, pour punir les auteurs et les responsables et […] pour continuer les efforts scientifiques et techniques de ce martyr dans tous les domaines où il travaillait", selon un communiqué publié sur son site officiel.

Face aux tensions, l'ONU a exhorté "à la retenue et à la nécessité d'éviter toute action qui pourrait mener à une aggravation" de celles-ci dans la région du Moyen-Orient, a indiqué samedi le porte-parole de l'Organisation.

Mohsen Fakhrizadeh, 59 ans, a succombé à ses blessures après l'attaque menée contre sa voiture avec un véhicule chargé d'explosifs et des tirs d'assaillants, pris à partie par ses gardes du corps, a annoncé vendredi le ministère de la Défense, précisant que le scientifique était chef du département recherche et innovation du ministère.

Hassan Rohani s'est engagé à ce que son décès "ne perturbe pas" les progrès scientifiques de son pays. Selon lui, cet assassinat est dû à "la faiblesse et à l'incapacité" des ennemis de Téhéran d'empêcher leur développement.

"Créer le chaos"

Dans une intervention télévisée, il a ensuite accusé l'État hébreu de vouloir "créer le chaos, mais ils devraient savoir que nous les avons démasqués et qu'ils ne réussiront pas". "La nation iranienne est trop intelligente pour tomber dans le piège de la conspiration mise en place par les sionistes", a-t-il lancé.

Le Hezbollah, mouvement armé pro-iranien considéré comme une organisation "terroriste" par Washington, a "fermement condamné" samedi cet assassinat. Il a dénoncé les assassinats menés par des "gangs meurtriers et terroristes pour empêcher la République islamique d'obtenir les ressources de fierté et de puissance et de préserver le progrès scientifique et son indépendance politique et intellectuelle".

Le ministre de la Défense, Amir Hatami, a relevé vendredi soir à la télévision que Mohsen Fakhrizadeh avait eu un "rôle marquant dans les innovations de défense". "Il gérait la défense nucléaire et faisait un travail considérable", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Arme nucléaire 

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait accusé dès vendredi Israël d'avoir joué un "rôle" dans cet "acte terroriste".

"Des terroristes ont assassiné aujourd'hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté – avec des indications sérieuses du rôle d'Israël – montre le bellicisme désespéré de ses auteurs", a tweeté le ministre.

Le scientifique avait été qualifié par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de père du programme iranien d'armement nucléaire.

Le département d'État américain avait indiqué en 2008 que Mohsen Fakhrizadeh menait "des activités et des transactions contribuant au développement du programme nucléaire de l'Iran".

À deux mois de la fin de son mandat, le président Donald Trump a sondé de hauts responsables américains sur la possibilité "d'agir" contre un site nucléaire iranien, selon le quotidien américain New York Times qui a affirmé le 17 novembre que ceux-ci l'en avaient dissuadé.

Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l'investiture du démocrate Joe Biden à la présidence des États-Unis.

Il entend changer de posture vis-à-vis de l'Iran après les quatre années de présidence Trump, qui s'est retiré en 2018 de l'accord sur le programme nucléaire iranien signé trois ans plus tôt. Les États-Unis, dans le cadre de leur politique de "pression maximale", ont ensuite rétabli puis durci les sanctions contre l'Iran.

Plusieurs scientifiques spécialisés dans le domaine nucléaire en Iran ont été assassinés ces dernières années ; Téhéran en attribuant systématiquement la responsabilité à Israël.

Avec AFP

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