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Liban : Macron renouvelle ses exigences de réformes lors d'une deuxième conférence d'aide

Emmanuel Macron lors d'une vidéoconférence internationale consacrée au Liban, à l'Élysée, à Paris, le 2 décembre 2020.
Emmanuel Macron lors d'une vidéoconférence internationale consacrée au Liban, à l'Élysée, à Paris, le 2 décembre 2020. © Ian Langsdon, AFP
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Emmanuel Macron a réitéré ses exigences de réformes envers le Liban en ouvrant, mercredi, une deuxième conférence internationale d'aide d'urgence. Le président français et le secrétaire général de l’ONU ont notamment annoncé la création d’un fonds géré par la Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne pour soutenir l'économie du pays du Cèdre. 

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Quatre mois après l'explosion dévastatrice du port de Beyrouth, le président français a de nouveau appelé à des réformes au Liban malgré des désaccords persistants parmi les dirigeants libanais. Pour cette réunion, co-présidée par Emmanuel Macron et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, ont été conviés des chefs d'État, des organisations internationales, des bailleurs de fonds multilatéraux, des ONG et des représentants de la société civile libanaise, a indiqué l'Élysée. 

>> À lire : Un an après la "révolution", le Liban ne sort pas de la crise

Le Liban est englué depuis plus d'un an dans une profonde crise économique, sociale et politique. En plus d'une dépréciation historique de sa monnaie et d'une hyperinflation, le pays est toujours sans gouvernement plus de trois mois après la démission du Premier ministre, Hassan Diab, peu après l'explosion du port de Beyrouth qui a mis le pays à genoux.

En introduction, Emmanuel Macron a dressé le bilan de la première conférence d'aide du 9 août mais aussi fustigé des dirigeants libanais qui, a-t-il déploré, n'ont pas tenu leur engagement de former un gouvernement, et de lancer des réformes, condition pour déclencher des aides structurelles. Il a confirmé qu'il se rendrait de nouveau au Liban en décembre pour le leur rappeler. "Les engagements (...) n'ont pas été respectés", a-t-il lancé, "rien ne permet de dire que ce n'était pas que des mots".

Un fonds d'aide pour le Liban

Il s'est en revanche félicité que les promesses des donateurs le 9 août aient "été tenues et même dépassées : plus de 280 millions d'euros ont été décaissés, ce qui a permis de faire face à une partie importante des besoins immédiats".

Notamment "12 500 tonnes de farine ont été distribuées, soit 80 % des stocks détruits, 73 000 personnes ont reçu une aide pécuniaire, un vingtaine d'équipes médicales mobiles ont été déployées, 25 000 personnes ont bénéficié d'un abri, 90 écoles ont reçu des fournitures. C'est beaucoup mais ça ne suffit pas", a poursuivi le président français. 

La Banque Mondiale, l'ONU et l'UE ont acté la mise en place d'un fonds pour le relèvement précoce du pays, avec la participation de la société civile.

"Ce soutien ne saurait remplacer l'engagement des forces politiques libanaises à former le plus rapidement possible un gouvernement et mettre en œuvre la feuille de route de réformes sans laquelle l'aide structurelle internationale ne pourrait être déclenchée. Nous ne lâcherons rien ni sur nos promesses ni sur nos exigences, que ce soit sur les réformes ou sur l'enquête sur l'explosion", a-t-il dit.

Le président libanais Michel Aoun a déclaré pour sa part que "former un gouvernement est une priorité", afin de lancer des réformes structurelles et reconstruire Beyrouth. "Votre aide est cruciale pour la population", a-t-il dit aux donateurs.

Dans un rapport accablant, la Banque mondiale a parlé d'une "dépression délibérée" au Liban, dénonçant l'incapacité des dirigeants à s'entendre sur "une action politique efficace". Le PIB devrait reculer de 19,2 % cette année après une contraction de 6,7 % en 2019.

Avec AFP et AP

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