La police turque arrête 159 personnes après des manifestations étudiantes à Istanbul

Des étudiants traînés par la police à Istanbul, le 1er février 2021.
Des étudiants traînés par la police à Istanbul, le 1er février 2021. © Bulent Kilic, AFP
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Les autorités turques ont interpellé lundi soir à Istanbul 159 étudiants réclamant la démission d'un recteur nommé par le pouvoir et la libération d'autres étudiants précédemment arrêtés pour avoir accroché un tableau orné d'un symbole associé à la communauté LGBT.

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La police turque a arrêté lundi 1er février 159 personnes lors de manifestations à Istanbul contre la nomination par le président Recep Tayyip Erdogan d'un nouveau recteur dans l'une des plus grandes universités du pays, ont annoncé les services du gouverneur d'Istanbul.

Les étudiants de l'université de Bogazici ont commencé à manifester il y a presque un mois, déclarant que la nomination de Melih Bulu comme recteur n'était pas démocratique. Des enseignants de l'université ont aussi protesté lors de l'intronisation de Melih Bulu.

Des manifestants scandant des slogans comme "La police, dehors !" ou "Les universités sont à nous !" ont affronté la police lundi.

Les services du gouverneur d'Istanbul ont déclaré dans un communiqué que 159 personnes avaient été arrêtées pour "ne pas avoir cessé de manifester malgré les mises en garde". Une enquête a été ouverte, ont-ils ajouté.

"Vandalisme"

L'arrestation des étudiants a provoqué un tollé chez les partis de l'opposition. Le hashtag "Nous n'allons pas baisser les yeux", en référence à une vidéo des policiers ordonnant aux manifestants de baisser leur regard, a été largement partagé sur les réseaux sociaux.

La manifestation et les arrestations qui ont suivi sont survenues quelques heures après une attaque virulente du président turc contre le mouvement LGBT en l'accusant de "vandalisme" et en déclarant que la jeunesse de son parti n'y adhérait pas.

"Nous allons mener vers l'avenir non pas une jeunesse LGBT, mais une jeunesse digne de l'histoire glorieuse de cette nation", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara destiné aux cadres de son parti islamo-conservateur AKP. "Vous ne faites pas partie de la jeunesse LGBT. Vous n'êtes pas de ces jeunes qui commettent des actes de vandalisme. Au contraire, vous êtes ceux qui réparez les cœurs brisés", a-t-il ajouté.

Le chef de l'État turc a tenu ces propos au surlendemain de l'arrestation de quatre étudiants accusés d'avoir accroché dans leur université un tableau représentant un site sacré de l'islam orné de drapeaux arc-en-ciel, un symbole associé à la communauté LGBT. Les étudiants sont accusés d'"incitation à la haine". Deux d'entre eux ont été assignés à résidence et deux autres sont encore en détention.

La Turquie est l'un des rares pays musulmans où l'homosexualité n'est pas réprimée par la loi. En revanche, l'homophobie et la transphobie y sont répandues et les associations LGBT font régulièrement état d'agressions et de discriminations. 

Avec Reuters et AFP

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