Les rebelles houthis du Yémen ne sont plus considérés comme terroristes par les États-Unis

Des membres d'une tribu yéménite manifestent pour dénoncer la désignation par les États-Unis de "terroristes" pour les Houthis, le 4 février 2021 à Sanaa.
Des membres d'une tribu yéménite manifestent pour dénoncer la désignation par les États-Unis de "terroristes" pour les Houthis, le 4 février 2021 à Sanaa. © Mohammed Huwais, AFP (archives)

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a informé le Congrès de son intention de retirer les rebelles houthis du Yémen de la liste des groupes considérés comme terroristes par les Etats-Unis.

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Quelques semaines après l'inscription des Houthis sur la liste noire américaine des "organisations terroristes" par l'ancien gouvernement Trump, la nouvelle administration Biden a décidé de revenir sur cette décision.

"Nous avons formellement notifié au Congrès l'intention du secrétaire d'État d'annuler" cette désignation, a déclaré, vendredi 5 février, un porte-parole du département d'État. La mesure prendra effet rapidement.

Les Houthis avaient été classés parmi les groupes terroristes par l'administration du président Donald Trump, et des organisations d'aide humanitaire estimaient que cette désignation entravait leur aide sur le terrain.

Des considérations humanitaires

Le porte-parole du département d'État a précisé que la mesure annoncée vendredi se fondait uniquement sur ces considérations humanitaires.

"Cette décision n'a rien à voir avec ce que nous pensons des Houthis et de leur conduite répréhensible, dont des attaques contre des civils et l'enlèvement de citoyens américains", a-t-il dit.

"Nous nous sommes engagés à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire contre de nouvelles attaques. Notre action est due uniquement aux conséquences humanitaires de cette désignation de dernière minute de l'administration précédente, dont les Nations unies et des organisations humanitaires ont depuis dit clairement qu'elle allait accélérer la plus grave crise humanitaire au monde", a expliqué le porte-parole.

Des organisations humanitaires ont déclaré qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de traiter avec les Houthis, qui gouvernent de facto une grande partie du Yémen dont la capitale Sanaa, et que la désignation des Houthis comme terroristes les exposaient au risque d'être poursuivies en justice par les États-Unis.

Le prédécesseur d'Antony Blinken, Mike Pompeo, avait annoncé le classement des Houthis dans les groupes terroristes peu avant de quitter ses fonctions en janvier. Il avait justifié cette mesure en soulignant les liens des Houthis avec l'Iran, auquel le président Trump était très hostile, et en rappelant une attaque meurtrière des rebelles le 30 décembre sur l'aéroport d'Aden, la deuxième ville du Yémen.

La mesure annoncée vendredi intervient après un discours du président Biden dans lequel il a annoncé la fin du soutien des États-Unis à la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, qui combat depuis des années les Houthis au Yémen 

Avec AFP

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