L'Iran produit désormais de l'uranium métal, nouvelle violation de l'accord de 2015

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif.
Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif. © Yamil Lage, AFP (archives)
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L'Agence internationale de l'énergie atomique a annoncé mercredi que l'Iran avait démarré la production d'uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, un matériau qui peut être utilisé dans la fabrication d'armes nucléaires. Cette annonce affaiblit encore un peu plus l'accord international de 2015.

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L'Iran a débuté la production d'uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, une nouvelle violation de ses engagements de l'accord de 2015, a indiqué l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) mercredi 10 février.

L'agence onusienne, dont le siège est à Vienne, "a procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan" (centre), selon une déclaration transmise à l'AFP. 

Si ce n'est pas une surprise – l'Iran avait fait savoir mi-janvier qu'il avançait dans cette direction –, le sujet est sensible car l'uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d'armes nucléaires. 

La République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe, même si l'AIEA avait établi le contraire en 2011.

Accord un peu plus affaibli

Le directeur général de l'agence internationale, Rafael Grossi, a informé les États membres de ce nouveau développement qui a pour objectif, selon Téhéran, "de produire du combustible" dans le cadre de ses activités de recherche et développement.

Or le Plan d'action global commun signé en 2015 par l'Iran et six grandes puissances (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), comporte une interdiction de 15 ans en ce qui concerne "la production ou l'acquisition de métaux de plutonium ou d'uranium ou leurs alliages".

Il prévoit que l'Iran puisse être autorisé au bout de dix ans à entamer sa recherche en vue d'une production "en petites quantités", mais seulement avec l'autorisation des signataires de l'accord.

Cette annonce affaiblit encore un peu plus l'accord sur le nucléaire iranien, qui menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les États-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques.

"Échec lamentable"

En riposte, Téhéran s'est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements, arguant qu'il en avait le droit face aux "violations flagrantes" des règles par les autres parties.

Entorse la plus grave à ce jour, le pays a repris début janvier l'enrichissement d'uranium à 20 %, niveau que pratiquait le pays avant 2015 mais qui reste loin des 90 % requis pour une bombe.

L'arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de "pression maximale" exercée par son prédécesseur. Toutefois, le nouveau président américain a prévenu qu'il ne ferait pas le premier pas en levant les sanctions, comme le réclament les dirigeants iraniens.

Un peu plus tôt mercredi, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait prévenu que "la fenêtre de tir se rétrécissait", faisant monter la pression sur Washington. "Bientôt mon gouvernement se verra obligé de prendre d'autres mesures en réponse à l'échec lamentable des Américains et des Européens" de remplir leur part du contrat, a-t-il déclaré dans un message diffusé sur YouTube à l'occasion du 42e anniversaire de la Révolution islamique.

Le 21 février, échéance fixée par le Parlement, l'Iran pourrait ainsi restreindre l'accès des inspecteurs de l'AIEA à ses sites, une ligne rouge qui risquerait de faire capoter les manœuvres en coulisses pour sauver l'accord sur le nucléaire.

Avec AFP

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