Syrie : les États-Unis mènent un raid meurtrier contre des milices pro-Iran

Un MQ9 Reaper, utilisé par l'armée américaine pour des frappes aériennes.
Un MQ9 Reaper, utilisé par l'armée américaine pour des frappes aériennes. © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/File

L'armée américaine a frappé, jeudi, des infrastructures utilisées par des milices pro-iraniennes en Syrie. Selon l'OSDH, au moins 22 combattants pro-Téhéran ont été tués. Il s'agit de la première opération militaire de l'administration de Joe Biden, décidée en réponse aux récentes attaques contre des intérêts occidentaux en Irak.

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Le président américain, Joe Biden, a autorisé, jeudi 25 février, une frappe en Syrie contre des infrastructures appartenant à ce que le Pentagone a présenté comme des milices soutenues par l'Iran.

Qualifiant cette opération militaire de "défensive", le porte-parole du ministère de la Défense américain, John Kirby, a précisé que des frappes avaient détruit "de multiples infrastructures situées à un poste-frontière utilisé par des milices soutenues par l'Iran, notamment le Kataeb Hezbollah".

"Les frappes ont été autorisées en réponse aux attaques récentes contre le personnel américain et de la coalition en Irak, et à des menaces toujours en cours contre ce personnel", a-t-il précisé.

Le gouvernement syrien a réagi, vendredi, en fustigeant une "agression" américaine. "Cette agression constitue un signe de mauvais augure concernant les politiques de la nouvelle administration américaine, censée adhérer à la légitimité internationale, et non à la loi de la jungle suivie par la précédente administration américaine", selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères syrien, qui met en garde contre une "escalade" de la situation dans la région.

Faible risque d'escalade

Les risques d'une escalade de la situation sont faibles, la frappe ayant été de portée limitée.

Trois attaques ont été imputées à des groupes armés pro-iraniens en une semaine, au moment où Washington demande des concessions à Téhéran avant de réintégrer l'accord sur le nucléaire dont les États-Unis se sont retirés en 2018 sous l'administration de Donald Trump.

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Le 22 février, des roquettes sont tombées près de l'ambassade américaine à Bagdad. Deux jours auparavant, des tirs ont visé la base aérienne irakienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d'une entreprise américaine chargée de la maintenance de F-16. Le 15 février, des roquettes ont touché une base militaire accueillant des troupes étrangères de la coalition à l'aéroport d'Erbil (nord). Deux personnes ont péri, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.

Message

Bien que le Kataeb Hezbollah n'ait pas revendiqué ces attaques, le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a assuré que la puissante organisation pro-iranienne en était bien responsable. "Nous sommes certains de la cible que nous avons choisie", a-t-il déclaré à la presse, dans l'avion l'acheminant vers Washington après une visite éclair du porte-avion USS Nimitz au large de la Californie. "Nous savons qui nous avons frappé". "Nous sommes certains que notre cible était utilisée par la milice qui a mené les attaques" récentes contre des intérêts occidentaux en Irak, a-t-il précisé à la presse.

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Cette frappe a été décidée pour indiquer que les États-Unis souhaitaient punir les milices sans pour autant voir la situation évoluer en conflit, a expliqué un représentant officiel américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"Cette réponse militaire proportionnée a été menée en parallèle à des mesures diplomatiques, notamment des consultations avec les partenaires de la coalition" antijihadiste en Irak et Syrie, a souligné John Kirby. "L'opération envoie un message sans ambiguïté : le président Biden protégera les forces américaines et celles de la coalition", a-t-il conclu. "En même temps, nous avons agi de façon calculée, afin de calmer la situation dans l'est de la Syrie et en Irak."

Avec AFP et Reuters

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