Le pape prie pour "cheminer du conflit à l'unité" au Moyen-Orient, "en particulier en Syrie"

Le pape François lors de son discours à Ur, ville natale d'Abraham en Irak, le 6 mars 2021.
Le pape François lors de son discours à Ur, ville natale d'Abraham en Irak, le 6 mars 2021. © Ahmad al-Rubaye, AFP

Le pape François a plaidé samedi matin à Ur, en Irak, pour la paix au Moyen-Orient, en particulier dans "la Syrie voisine, martyrisée".

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Il faut "cheminer du conflit à l'unité" dans "tout le Moyen-Orient" et "en particulier en Syrie, martyrisée", a plaidé, samedi 6 mars, le pape François lors d'une prière œcuménique à Ur, ville natale d'Abraham en Irak, selon la tradition.

>> À lire : L'ayatollah Sistani au pape François : les chrétiens d'Irak doivent vivre "en paix"

La veille lors d'une adresse aux autorités à Bagdad, le pape avait déjà mentionné la Syrie, où une révolte populaire a dégénéré en une guerre complexe il y a tout juste 10 ans, faisant plus de 387 000 morts. Les pourparlers menés sous l'égide de l'ONU n'ont jusqu'ici abouti à aucune avancée.

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"La paix n'exige ni vainqueurs ni vaincus, mais des frères et des sœurs qui, malgré les incompréhensions et les blessures du passé, cheminent du conflit à l'unité", a dit le pape argentin, dans la plaine désertique d'Ur, où naquit et vécut Abraham, personnage de l'Ancien testament reconnu par les chrétiens, les musulmans et les juifs.

"Il n'y aura pas de paix sans partage et accueil"

"Demandons-le dans la prière pour tout le Moyen-Orient, je pense en particulier à la Syrie voisine, martyrisée", a-t-il ajouté.

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"Il est indigne, alors que nous sommes tous éprouvés par la crise de la pandémie, et surtout ici où les conflits ont causé tant de misère, que l'on pense avidement à ses propres affaires. Il n'y aura pas de paix sans partage et accueil, sans une justice qui assure équité et promotion pour tous, à commencer par les plus faibles. Il n'y aura pas de paix sans des peuples qui tendent la main à d'autres peuples", a commenté le souverain pontife.

"Il nous revient, humanité d'aujourd'hui, et surtout à nous, croyants de toute religion, de convertir les instruments de haine en instruments de paix", a-t-il dit.

Le programme du pape François

Le programme du pape François en Irak est ambitieux : Bagdad, Najaf, Ur, Mossoul, Qaraqosh, Erbil. De vendredi à lundi, il parcourra 1 445 km dans un pays marqué par des tensions irano-américaines toujours latentes et un nombre record de contaminations au Covid-19. Le trajet se déroulera en voiture blindée et sans bain de foule alors que l'hélicoptère ou l'avion du pape survolera parfois des zones où sont encore présents des jihadistes de l'organisation État islamique. Les Irakiens devront le suivre à la télévision.

  • L'évêque de Rome commencera vendredi à Bagdad par un discours devant les dirigeants du pays, abordant les difficultés sécuritaires ou économiques que subissent les 40 millions d'Irakiens. La situation de la minorité chrétienne sera sûrement évoquée.
  • Il sera ensuite reçu samedi dans la ville sainte de Najaf par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour de nombreux chiites d'Irak et du monde.
  • Le pape se rendra ensuite dans la cité antique d'Ur, le lieu de naissance, selon la Bible, du patriarche Abraham, personnage commun aux trois religions monothéistes. Il y priera avec des musulmans, des Yazidis et des Sanéens (monothéismes préchrétiens).
     
  • François poursuivra son voyage dimanche dans la province de Ninive (nord de l'Irak), le berceau des chrétiens d'Irak. Il se rendra à Mossoul et Qaraqoch, deux villes marquées par les destructions du groupe État islamique.
  • Le souverain pontife présidera dimanche une messe en plein air, en présence de milliers de fidèles, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien. Ce bastion kurde musulman avait ouvert grand ses portes aux centaines de milliers de chrétiens, Yazidis et musulmans fuyant les jihadistes.

Avec AFP

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