Au moins 200 blessés dans des heurts entre Palestiniens et police israélienne à Jérusalem

Affrontements dans le quartier de Sheikh Jarrah, dans la vieille ville de Jérusalem, le 7 mai 2021.
Affrontements dans le quartier de Sheikh Jarrah, dans la vieille ville de Jérusalem, le 7 mai 2021. © Ammar Awad, Reuters

Au moins 200 Palestiniens et 17 policiers israéliens ont été blessés vendredi à Jérusalem-Est, sur l'esplanade des Mosquées dans l'un des plus importants heurts des dernières années survenus dans la ville sainte. Les États-Unis, l'UE et des pays du Golfe appelant à la désescalade.

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Escalade de tensions à Jérusalem. Des Palestiniens ont appelé à de nouvelles manifestations samedi après une nuit de violences sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, qui a fait plus de 200 blessés, les États-Unis, l'UE et des pays du Golfe appelant à la désescalade.

Des dizaines de milliers de fidèles étaient réunis dans l'enceinte de l'Esplanade des Mosquées, appelée Mont du Temple par les Juifs, pour la dernière grande prière du vendredi avant la fin du mois de ramadan. 

Mais des heurts ont éclaté entre Palestiniens, qui ont lancé des projectiles, et la police israélienne ayant fait usage de grenades assourdissantes et tiré sur des manifestants avec des balles en caoutchouc, a constaté un photographe de l'AFP. Celui-ci a aussi vu une dizaine de manifestants blessés au visage.   

Selon le Croissant-Rouge palestinien, au moins 205 Palestiniens ont été blessés, la plupart sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée par Israël depuis 1967 puis annexée. La police israélienne a fait, elle, état de 17 blessés dans ces rangs.

 

Des accrochages ont également eu lieu dans le quartier voisin de Cheikh Jarrah, où des manifestations nocturnes quotidiennes contre la possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens ont dégénéré ces derniers jours en heurts avec la police. Le Croissant-Rouge y a fait état d'au moins quatre Palestiniens blessés vendredi. 

Appels au calme

Après les violents heurts jusque dans la nuit, l'Union européenne a appelé samedi les autorités de tous bords à agir de "toute urgence" pour une "désescalade" des tensions à Jérusalem.

Le coordinateur de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, s'est dit "profondément préoccupé" par la situation et appelé à la "responsabilité" et au "calme". 

"Nous tenons Israël pour responsable des dangereux développements dans la Vieille Ville", a affirmé de son côté Mahmoud Abbas, le président palestinien en qualifiant les Palestiniens rassemblés sur l'esplanade des Mosquées de "peuple héroïque". 

"La violence et l'incitation (à la violence) sont inacceptables, et leurs auteurs (...) doivent être tenus pour responsables", a déclaré le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué.

Alliés clé d'Israël, les États-Unis ont appelé vendredi "les responsables israéliens et palestiniens à agir de manière décisive pour désamorcer les tensions et mettre un terme à la violence. Il est absolument essentiel que toutes les parties fassent preuve de retenue et s'abstiennent de toute action ou rhétorique provocatrice", a déclaré un porte-parole du Département d'État, Ned Price, dans un communiqué.

"Nous sommes également très préoccupés par l'expulsion potentielle des familles palestiniennes des quartiers de Cheikh Jarrah et de Silwan à Jérusalem, dont beaucoup vivent dans leurs maisons depuis des générations", a-t-il ajouté.

Dans le Golfe, Bahreïn et le Koweït ont "fermement condamné" samedi les agissements de la police israélienne contre des fidèles musulmans, tandis que l'Arabie saoudite s'est prononcée contre l'expulsion de Palestiniens de leurs maisons à Cheik Jarrah.

Tensions en Cisjordanie 

Les nouvelles violences surviennent dans un contexte de vives tensions à Jérusalem-Est mais aussi en Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.  

Les forces israéliennes ont tué vendredi deux Palestiniens et blessé un troisième, qui avaient ouvert le feu sur des gardes-frontières dans le nord de la Cisjordanie, sans faire de victimes israéliennes. 

Fin avril, des centaines de personnes avaient déjà été blessés lors de plusieurs nuits d'échauffourées entre Palestiniens et Israéliens aux abords de la Vieille ville de Jérusalem. 

Résistance 

Le mouvement islamiste palestinien armé Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a appelé les Palestiniens à rester sur l'esplanade de samedi soir à jeudi matin, date à laquelle pourrait prendre fin le ramadan. 

"L'occupation israélienne doit réaliser que la résistance est prête à défendre (la mosquée) Al-Aqsa à tout prix", a affirmé le Hamas, tandis que des partis arabes israéliens ont appelé à des manifestations dans les villes à majorité arabe d'Israël. 

La Jordanie, pays qui est officiellement le gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a dénoncé une "agression sauvage" des forces de sécurité israéliennes. 

De nouveaux rassemblements sont attendus samedi, à l'initiative notamment du Haut Comité de suivi des Arabes d'Israël, un groupe de pression qui a appelé à des manifestations dans tout le pays en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem.

Avec AFP    

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