Jérusalem : la justice israélienne reporte une audience clé après un week-end sous tension

Un policier israélien pointe son fusil sur des manifestants palestiniens lors d'affrontements à la porte de Damas, juste à l'extérieur de la vieille ville de Jérusalem, le 8 mai 2021.
Un policier israélien pointe son fusil sur des manifestants palestiniens lors d'affrontements à la porte de Damas, juste à l'extérieur de la vieille ville de Jérusalem, le 8 mai 2021. © Oded Balilty, AP

La justice israélienne a annoncé, dimanche, le report d'une audience clé prévue lundi sur le sort de familles palestiniennes menacées d'éviction par des colons israéliens à Jérusalem-Est. Un dossier qui est au cœur de manifestations ayant fait plus de 300 blessés ces derniers jours.

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Les tensions ne redescendent pas à Jérusalem. La justice israélienne a annoncé dimanche 8 mai, le report d'une audience clé, prévue lundi, sur le sort de familles palestiniennes menacées d'éviction par des colons israéliens à Jérusalem-Est. Un décision qui intervient après plusieurs nuits d'affrontements entre policiers israéliens et manifestants palestiniens ayant fait plus de 300 blessés ces derniers jours.

"À la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général, l'audience prévue demain a été annulée", a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué, précisant qu'une nouvelle date serait annoncée "d'ici les 30 prochains jours".   

Une décision qui intervient après plusieurs affrontements entre policiers israéliens et manifestants palestiniens, qui ont fait samedi plus de 90 blessés dans différents quartiers de l’est de la ville, au lendemain des plus importants accrochages des derniers années dans la Ville sainte.

Vendredi soir, plus de 220 personnes, majoritairement des Palestiniens, avaient été blessées lors de sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré pour les juifs, dans les accrochages les plus violents depuis 2017 à Jérusalem. 

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Dans la foulée de ces violences, une roquette a été tirée depuis la bande de Gaza vers Israël, qui a annoncé avoir frappé des positions du mouvement islamiste Hamas dans cette enclave palestinienne de deux millions d'habitants.   

Éviction de familles

Au cœur des tensions, la possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est.

En début d'année, le tribunal de district de Jérusalem avait rendu une décision favorable aux familles juives qui revendiquent des droits de propriété dans le quartier de Cheikh Jarrah, secteur palestinien occupé et annexé par Israël. 

Selon la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre israélo-arabe de 1948, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur "droit de propriété". Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre. 

"La loi et l'ordre" 

Dimanche, l'esplanade des Mosquées était relativement calme, mais la tension restait palpable dans la Vieille Ville, les heurts intervenant en fin de journée, voire en soirée après la rupture du jeûne.  

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a averti que l'État hébreu "continuera d'assurer la liberté de culte, mais n'autorisera pas des émeutes violentes".

"Nous ferons respecter la loi et l'ordre, avec fermeté et responsabilité", a déclaré le chef de l'État hébreu, tout en défendant le développement des colonies juives dans la partie orientale de Jérusalem, occupée et annexée depuis 1967 par Israël.

"Je dis aussi à nos meilleurs amis : Jérusalem est la capitale d'Israël. Alors que chaque nation construit sa capitale, nous avons aussi le droit de construire à Jérusalem. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous continuerons de faire", a-t-il ajouté, évoquant les "racines bibliques" des juifs à Jérusalem.

Condamnations internationales

Après les violences de vendredi, les États-Unis ont demandé aux "responsables israéliens et palestiniens d'agir pour mettre un terme à la violence". Ils ont également exprimé leur inquiétude quant à "l'expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah". 

Plusieurs pays arabes, dont plusieurs ayant récemment normalisé leurs relations avec Israël, ont dénoncé les agissements de l'État hébreu. Des réactions critiquant Israël ont afflué du Soudan, du Maroc, d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Bahreïn mais aussi de l'Iran, la Tunisie, le Pakistan, la Turquie, la Jordanie ou encore l'Égypte ont condamné les agissements israéliens. Et l'Algérie, soutien inconditionnel de la cause palestinienne, a également marqué son mécontentement.

Avec AFP et Reuters

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