Israël : le parti arabe Raam apporte un soutien décisif au bloc anti-Netanyahu

Le leader de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, lors d'une conférence de presse, à Jérusalem, le 31 mai 2021.
Le leader de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, lors d'une conférence de presse, à Jérusalem, le 31 mai 2021. © Debbie Hill, AFP

Toujours pas de fumée blanche en Israël, où les adversaires de Benjamin Netanyahu ont jusqu'à minuit moins une mercredi pour trouver un accord sur la formation d'un nouveau "gouvernement d'union nationale". Dans la soirée, le parti arabe Raam a apporté son soutien au bloc anti-Netanyahu.

Publicité

Ils n'ont plus qu'une heure et ils n'ont jamais été aussi près de leur but : les adversaires du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu se pressaient mercredi soir pour parvenir à un accord sur un gouvernement censé mettre un terme à 12 ans "d'ère" Netanyahu.

Ralliement de dernière minute et à la portée historique, la formation arabe israélienne Raam de l'islamiste Mansour Abbas a formalisé en fin de soirée son appui à la coalition anti-Netanyahu.

"J'ai signé un accord avec (le centriste) Yaïr Lapid (...) après que nous soyons parvenus à un nombre important d'accords sur différents sujets qui servent les intérêts de la société arabe", a-t-il dit dans une déclaration télévisée.

Son parti rejoint ainsi les formations de gauche et du centre qui avaient déjà signé dans la journée le projet de coalition porté par le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, rival de Benjamin Netanyahu. Il manque encore les signatures de deux partis de droite dont la formation de la droite radicale Yamina de Naftali Bennett.

Une source proche des tractations avait auparavant déclaré à l'AFP que celles-ci étaient "bloquées", notamment à propos de la composition d'un comité en charge de la nomination des juges.

Statu quo dans le conflit avec les Palestiniens, relance économique, place de la religion : tout divise sur le papier la coalition hétéroclite anti-Netanyahu en dehors de sa volonté de faire tomber le Premier ministre, arrivé au pouvoir il y a 25 ans, de 1996 à 1999, puis reconduit à son poste en 2009, et inculpé pour corruption.

Selon la loi, il reste à ses adversaires jusqu'à 23 h 59 locales (20 h 59 GMT) pour formaliser un accord de gouvernement et l'annoncer au président Reuven Rivlin.

En cas d'échec de Yaïr Lapid, qui doit rassembler 61 soutiens au Parlement, les députés pourront demander au président de mandater de nouveau un parlementaire pour former un gouvernement. Ou, ce sera le retour aux urnes, pour la 5e fois en un peu plus de deux ans.

Manifestations

Devant l'hôtel où se tiennent les tractations, des centaines de manifestants pro ou anti "coalition du changement" se sont rassemblés drapeaux d'Israël à la main, sous haute surveillante policière, a constaté un journaliste de l'AFP.

Hasard du calendrier, si les Israéliens n'avaient toujours pas de gouvernement mercredi, ils avaient en revanche un nouveau président élu, le onzième d'Israël.

Le travailliste Isaac Herzog, 60 ans, a été élu à une très large majorité par le Parlement réuni en plénière, à cette fonction essentiellement honorifique et dépourvue de pouvoir exécutif.

À cette session du Parlement, les principaux protagonistes du feuilleton politique israélien ont continué, l'air épuisés, confiants ou inquiets depuis les bancs et sous l'œil des caméras, leurs négociations.

Ces pourparlers autour de Yaïr Lapid durent depuis la décision lundi de Naftali Bennett de rallier le camp anti-Netanyahu.

Naftali Bennett est pressenti comme futur Premier ministre dans le cadre d'une rotation au pouvoir prévue dans le projet de coalition.

Fortes tensions

Yaïr Lapid a été chargé mi-mai de former un gouvernement après l'échec de son rival, Benjamin Netanyahu à le faire, dans la foulée des élections de mars.

Et il avait prévenu que la tentative, marquée par une guerre de 11 jours entre l'armée israélienne et le Hamas palestinien, restait périlleuse.

 

Si Yaïr Lapid annonce un accord avant l'échéance, il aura sept jours pour répartir les portefeuilles et obtenir un vote de confiance du Parlement.

Entretemps, tout est possible. Benjamin Netanyahu, son parti de droite Likoud et ses avocats sont à la manœuvre pour tenter d'empêcher un tel accord.

Selon la presse israélienne, le président du Parlement, Yariv Levin (Likoud), pourrait être tenté de faire traîner de quelques jours supplémentaire l'organisation du vote de confiance au Parlement, espérant dans cet intervalle des défections dans le camp anti-Netanyahu.

Jugé pour "corruption" dans trois affaires, Benjamin Netanyahu est le premier chef de gouvernement israélien à faire face à des poursuites pénales en cours de mandat. S'il quitte le pouvoir il devient simple député et ne pourra plus user de son influence pour tenter de faire passer une loi pour le protéger de ses ennuis judiciaires.

Dans ce climat de fortes tensions où un possible accord de gouvernement est dénoncé comme une "trahison" par les pro-Netanyahu, la sécurité de Naftali Bennett et Yaïr Lapid a été renforcée.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Emportez l'actualité internationale partout avec vous ! Téléchargez l'application France 24