Impasse politique : l'UE prépare des sanctions contre les dirigeants libanais

Depuis la double explosion sur le port de Beyrouth, la France a multiplié les appels pour la formation d'un gouvernement, pour sortir le Liban de la paralysie. Ici, une partie du port endommagé, le 4 février 2021.
Depuis la double explosion sur le port de Beyrouth, la France a multiplié les appels pour la formation d'un gouvernement, pour sortir le Liban de la paralysie. Ici, une partie du port endommagé, le 4 février 2021. © Mohamed Azakir, Reuters

L'Union européenne va imposer à la fin du mois de juillet des sanctions contre certains dirigeants politiques au Liban afin de faire pression pour qu'ils composent un gouvernement et mettent en œuvre des réformes, alors que le pays s'enfonce dans la crise politique et économique.

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L'Union européenne (UE) prépare pour la fin juillet des sanctions ciblées contre les dirigeants politiques au Liban responsables du blocage dans ce pays afin de le sortir de l'impasse, a annoncé lundi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

"L'échec et mat politique se poursuit au Liban et l'UE est manifestement plus préoccupée de cette situation que les dirigeants politiques du pays", a déploré Josep Borrell après une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE.

"Un consensus politique a été trouvé pour mettre en place un cadre juridique de sanctions avant la fin du mois, avant l'anniversaire malheureux de l'explosion sur le port de Beyrouth le 4 août dernier", a précisé le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian. "Ce sera un outil de pression sur les autorités libanaises pour qu'elles avancent dans la composition du gouvernement et dans la mise en œuvre des réformes indispensables", a insisté le ministre français, déplorant que le Liban soit "en train de s'autodétruire". "Maintenant il y a des situations d'urgence majeure pour une population qui est dans la détresse", a-t-il souligné.

Un régime de sanctions "équilibré"

De son côté, Josep Borrell a évoqué un régime de sanctions "équilibré". "Il ne ciblera pas les communautés, mais il sanctionnera des comportements", a expliqué le responsable espagnol.

Le 4 août 2020, dans le port de Beyrouth, une gigantesque déflagration a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés. Elle a été déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d'ammonium stockées "sans mesures de précaution", de l'aveu même des autorités.

Des ONG ont souvent mis en garde contre les ingérences dans le judiciaire et les pressions d'une classe politique honnie, au sujet de l'enquête libanaise sur l'explosion qui n'a donné aucun résultat concret près d'un an après le drame.

Avec AFP

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