Israël : la justice reporte sine die la décision sur l'expulsion de Palestiniens à Jérusalem-Est

Vue générale du quartier Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexé par Israël, le 26 juillet 2021.
Vue générale du quartier Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, annexé par Israël, le 26 juillet 2021. © Ahmad Gharabli, AFP

La Cour suprême israélienne a reporté, lundi, sa décision dans l'affaire de familles palestiniennes menacées d'expulsion au profit de colons dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. Cette affaire avait déclenché, en mai dernier, une flambée de violences.

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La Cour suprême israélienne a reporté, lundi 2 août, sa décision dans l'affaire de familles palestiniennes menacées d'expulsion au profit de colons dans le quartier de Cheikh Jarrah de Jérusalem, une affaire qui avait déclenché une flambée de violences en mai.

Quatre familles palestiniennes habitant à Cheikh Jarrah, dans le secteur palestinien de Jérusalem occupé et annexé par Israël en 1967, avaient saisi la Cour suprême après que les tribunaux inférieurs ont décidé leur évacuation au profit de colons israéliens.

Mais en Israël il n'est possible, sauf exception, de saisir la Cour suprême qu'une seule fois et celle-ci s'est par le passé déjà prononcée en faveur de l'évacuation. Les familles palestiniennes attendent donc de savoir si elles peuvent exceptionnellement interjeter un nouvel appel.

"Le tribunal pourrait nous donner l'autorisation de faire appel", a estimé l'avocat des familles, Sami Irshaid, auprès de l'AFP, indiquant toutefois qu'il était "peu probable" qu'une décision finale soit rendue dans la journée.

Au cœur du procès : la propriété foncière de terres sur lesquelles sont construites des maisons dans lesquelles vivent des Palestiniens mais qui sont convoitées par des colons, à Jérusalem-Est.

D'après la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre de 1948, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur "droit de propriété". Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre.   

Devenir locataire en reconnaissant la propriété israélienne

Les familles palestiniennes ont indiqué, lundi, avoir reçu une offre selon laquelle elles pourraient rester dans leurs maisons à titre de "locataire protégé" payant une somme symbolique à titre de loyer, mais en reconnaissant que la propriété des résidences était israélienne.

"Ils ont mis une énorme pression sur nous afin que nous en arrivions à un accord avec les colons selon lequel nous serions les locataires d'organisations de colons. Mais nous avons bien entendu rejeté", a déclaré Mohammad el-Kurd, activiste qui fait partie des quatre familles palestiniennes au cœur de cette affaire.

Après des heures d'audience, le juge Isaac Amit a demandé aux parties de nouveaux documents et indiqué que le tribunal "allait publier une décision plus tard", mais sans spécifier de date dans ce dossier devenu explosif dans la ville sainte et au-delà.

Guerre de 11 jours

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté, lundi, devant la Cour suprême en soutien aux familles palestiniennes dans cette affaire qui défraie aussi la chronique à l'étranger, mettant en lumière la question de la colonisation de Jérusalem-Est.  

En mai, des manifestations de soutien aux habitants palestiniens de Cheikh Jarrah avaient dégénéré en heurts avec des colons et la police israélienne, prémices à une flambée de violences en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Des affrontements avaient ensuite éclaté sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, également à Jérusalem-Est, entre Palestiniens et forces israéliennes.

Puis du 10 au 21 mai, le mouvement Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et Israël se sont affrontés lors d'une guerre éclair, fatale à 260 Palestiniens, parmi lesquels des enfants et des combattants, et à 13 personnes en Israël, incluant un soldat, un enfant et une adolescente.

Selon Ir Amim, une association israélienne qui suit l'évolution des colonies à Jérusalem, jusqu'à 1 000 Palestiniens à Cheikh Jarrah et dans le quartier voisin de Silwan risquent d'être expulsés au profit de colons.

Avec AFP

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