En Israël, la coalition au pouvoir devient minoritaire à la Knesset

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, le 15 mai 2022, à Jérusalem.
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, le 15 mai 2022, à Jérusalem. © Abir Sultan, AFP

Avec le départ, jeudi, de la députée arabe israélienne Ghaida Rinawie Zoabi de ses rangs, la coalition au pouvoir en Israël est désormais minoritaire, fragilisant un peu plus le Premier ministre Naftali Bennett. La députée explique que sa décision est motivée par les violences "insupportables" des dernières semaines visant les Palestiniens.

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La coalition au pouvoir en Israël est devenue minoritaire à la Knesset, le Parlement israélien, après le départ, jeudi 19 mai, d'une élue arabe israélienne du parti de centre-gauche Meretz, fragilisant encore davantage le Premier ministre Naftali Bennett.

Avec le départ de la députée arabe israélienne Ghaida Rinawie Zoabi, membre du parti Meretz ("Énergie"), une formation socialiste et laïque, la coalition gouvernementale au pouvoir dispose désormais de seulement 59 sièges sur les 120 que compte la Knesset.

Ghaida Rinawie Zoabi explique dans un courrier adressé à Naftali Bennett et rendu public sur Twitter qu'elle quitte cette coalition en raison des violences "insupportables" des dernières semaines, évoquant notamment les affrontements réguliers entre forces de l'ordre israéliennes et Palestiniens sur l'Esplanade des Mosquées pendant le ramadan, ou encore la mort de la journaliste palestinienne d'Al-Jazira Shireen Abu Akleh, alors qu'elle effectuait un reportage lors d'un raid de l'armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie.

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"Une coalition qui harcèle la communauté dont je suis issue"

"Je ne peux plus supporter l'existence d'une coalition qui harcèle d'une façon honteuse la communauté dont je suis issue", observe-t-elle dans ce courrier.

La fragile coalition mise sur pied en juin 2021 par l'ultranationaliste Naftali Bennett et le centriste Yaïr Lapid s'est principalement constituée autour de la volonté de mettre fin à plus de douze années consécutives de règne de Benjamin Netanyahu à la tête du gouvernement.

>> À voir : "Mort de Shireen Abu Akleh : le traitement des journalistes en question"

L'alliance dans ce but entre la droite nationaliste religieuse et le centre a abouti à une coalition gouvernementale hétéroclite réunissant des partis de gauche, de centre-gauche, de droite ainsi que, pour la première fois dans l'histoire d'Israël, un parti représentant la minorité arabe.

Cette coalition avait déjà perdu sa courte majorité le mois dernier en passant de 61 à 60 sièges après le départ d'une députée de Yamina, la formation de droite radicale de Naftali Bennett, en raison d'une polémique autour de questions religieuses, jugeant que le gouvernement ne préservait pas l'identité juive d'Israël.

Avec Reuters

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