Mort de Shireen Abu Akleh : l'expertise balistique assurée par des Israéliens, selon l'armée

La journaliste Shireen Abu Akleh, qui a été tuée par balle alors qu'elle couvrait une opération de l'armée israélienne en Cisjordanie, est représentée sur une affiche en Cisjordanie près de peintures murales représentant notamment George Floyd, le 19 juin 2022.
La journaliste Shireen Abu Akleh, qui a été tuée par balle alors qu'elle couvrait une opération de l'armée israélienne en Cisjordanie, est représentée sur une affiche en Cisjordanie près de peintures murales représentant notamment George Floyd, le 19 juin 2022. © Maya Alleruzzo, AP

L'armée israélienne a déclaré, dimanche, que des experts israéliens – et non américains – procéderaient à l'analyse de la balle fatale à la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, en la présence d'un observateur américain.

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Rebondissement dans l'affaire de la mort de Shireen Abu Akleh. Des experts israéliens et non américains vont examiner la balle ayant tué en mai la journaliste américano-palestinienne afin de déterminer les circonstances de sa mort, a affirmé dimanche 3 juillet l'armée israélienne.

"Le test ne sera pas américain, le test sera un test israélien avec une présence américaine", a déclaré le porte-parole militaire Ran Kochav au micro de la radio de l'armée. "Nous attendons les résultats. Si nous l'avons tuée, nous en prendrons la responsabilité", a-t-il ajouté, sans préciser si l'expertise avait ou non commencé.

La balle a été remise aux États-Unis

La veille, le procureur palestinien Akram Al-Khatib avait affirmé que la balle fatale à la journaliste d'Al-Jazeera, tuée en couvrant une opération militaire israélienne en Cisjordanie occupée, avait été remise aux États-Unis en vue d'une expertise par des experts américains. Des sources palestiniennes à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie, avaient quant à elles précisé que l'expertise serait menée à l'ambassade des États-Unis à Jérusalem par des experts américains.

L'Autorité palestinienne a toujours refusé de remettre la balle à l'armée israélienne, accusée d'avoir tué la journaliste à la fois par les autorités palestiniennes, Al-Jazira, le Qatar et le Haut-commissariat de l'ONU aux droits humains.

L'Autorité palestinienne n'a pas commenté officiellement dans l'immédiat ces déclarations israéliennes mais un responsable palestinien a indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat qu'elles soulevaient des questions quant à savoir si l'on pouvait "faire confiance aux Américains".

Selon l'enquête palestinienne, la journaliste vedette d'Al-Jazira a été tuée par une balle de calibre 5,56 mm tirée par un soldat israélien ayant utilisé un M-14, une arme semi-automatique. Des enquêtes journalistiques ont aussi pointé en direction de l'armée israélienne.

Israël a rejeté l'ensemble de ces accusations. L'armée israélienne ne cesse de dire qu'il est "impossible de déterminer si (la journaliste) a été tuée par un homme armé palestinien tirant aveuglément dans le secteur où elle se trouvait, ou par inadvertance par un soldat israélien".

Elle a en outre appelé maintes fois, mais en vain, l'Autorité palestinienne à lui remettre la balle fatale, seul moyen selon les militaires de réellement déterminer qui a tiré. Les Palestiniens avaient eux demandé aux Israéliens de leur remettre l'arme suspecte.

La journaliste portait une veste pare-balles sur laquelle était inscrit le mot "presse" et un casque de protection lorsqu'elle a été atteinte d'une balle juste sous la coupe de son casque, aux abords du camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Avec AFP

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