Shireen Abu Akleh "vraisemblablement" victime d'un tir depuis une position israélienne

Photo non datée de la journaliste Shireen Abu Akleh à Jérusalem, publiée le 11 mai 2022 par la chaîne Al-Jazira.
Photo non datée de la journaliste Shireen Abu Akleh à Jérusalem, publiée le 11 mai 2022 par la chaîne Al-Jazira. © AFP

La mort de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, le 11 mai en Cisjordanie occupée, est "vraisemblablement" due à un tir depuis une position israélienne, a indiqué lundi le département d'État américain, précisant qu’il n’a "aucune raison", selon les enquêteurs, de conclure à un tir intentionnel.

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Près de deux mois après la mort de Shireen Abu Akleh, les experts américains ont estimé que la journaliste américano-palestinienne a probablement été tuée par un tir non intentionnel venu des positions israéliennes, a déclaré, lundi 4 juillet, le département d'État américain.

L'analyse américaine n'a toutefois pas pu atteindre de conclusion définitive quant à l'origine de la balle ayant tué la correspondante d'Al-Jazira, qui couvrait ce jour-là une opération militaire israélienne à Jénine, le projectile étant "très endommagé", précise le communiqué. Les experts américains n'ont "aucune raison" de croire qu'il s'agissait d'un tir intentionnel, ont-ils expliqué.

La famille se dit "atterrée"

L'Autorité palestinienne a très vite réagi. "Nous n'acceptons pas les tentatives de cacher la vérité et nous n'avons pas peur d'accuser Israël (...) qui porte la responsabilité de l'assassinat de Shireen Abu Akleh", a commenté sur Twitter un ténor palestinien, le ministre des Affaires civiles, Hussein al-Sheikh.

"Nous sommes atterrés par l'annonce aujourd'hui du département d'État (...) selon lequel un examen de la balle qui a tué Shireen Abu Akleh, une citoyenne américaine, n'a pas permis de conclure sur l'origine de l'arme l'ayant tirée", a de son côté écrit la famille, dans un communiqué partagé sur Twitter.

La mort de Shireen Abu Akleh, une journaliste très appréciée et reconnue de la chaîne qatarie, a secoué le Proche-Orient. Tant l'Autorité palestinienne qu'Al-Jazira et le Qatar, pays finançant Al-Jazira, ont immédiatement accusé l'armée israélienne de l'avoir tuée.

Ramallah avait confié le projectile – une balle de calibre 5,56 mm tirée par un fusil semi-automatique Ruger Mini-14, selon le procureur palestinien – aux Américains pour expertise, ces derniers s'étant engagés à la rendre aux Palestiniens.

Israël continue d'affirmer qu'il est impossible de connaître l'origine exacte du tir, israélienne ou palestinienne, et continue d'exclure en tout état de cause un tir délibéré.

Le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a quant à lui conclu le 24 juin à une responsabilité de l'armée israélienne, une enquête rejetée comme "sans fondement" par le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz.

"Les États-Unis (...) continuent d'encourager la coopération entre Israël et l'Autorité palestinienne dans cette affaire importante" et "exhortent à ce que des comptes soient rendus" en la matière, a ajouté lundi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Ces derniers développement interviennent moins de dix jours avant une visite du président américain Joe Biden en Israël et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, dans le cadre de sa première tournée au Moyen-Orient depuis son accession à la Maison Blanche.

Avec AFP et Reuters

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