Cisjordanie : quatre Palestiniens tués et une soldate israélienne blessée

Affrontements entre manifestants palestiniens et forces israéliennes après une manifestation contre l’expropriation de terres palestiniennes par Israël, dans le village de Kfar Qaddum en Cisjordanie occupée, près de la colonie israélienne de Kedumim, le 25 novembre 2022. Image d'illustration.
Affrontements entre manifestants palestiniens et forces israéliennes après une manifestation contre l’expropriation de terres palestiniennes par Israël, dans le village de Kfar Qaddum en Cisjordanie occupée, près de la colonie israélienne de Kedumim, le 25 novembre 2022. Image d'illustration. © Jaafar Ashtiyeh, AFP

En Cisjordanie, trois Palestiniens ont été tués dans la nuit de lundi à mardi après des heurts avec les forces israéliennes. Plus tard dans la journée de mardi, une soldate israélienne a été blessée dans une attaque à la voiture bélier, intervenue près de la colonie de Kokhav Yaakov. L'assaillant est mort.

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Trois Palestiniens ont été tués dans des heurts nocturnes avec les forces israéliennes en Cisjordanie, théâtre ces derniers mois d'une recrudescence des violences, a annoncé mardi 29 novembre le ministère palestinien de la Santé. Plus tard dans la journée, une soldate israélienne a été blessée dans une attaque à la voiture bélier dans ce territoire en proie à une recrudescence de la violence. 

L'assaillant présumé de l'attaque à la voiture bélier, qui a eu lieu près de la colonie de Kokhav Yaakov, en Cisjordanie est mort, a indiqué l'hôpital Shaarei Tsedek à Jérusalem dans lequel il avait été transporté, de même que la victime, une jeune femme de vingt ans "blessée modérément", selon l'armée israélienne. 

Plus tôt mardi, l'armée israélienne a affirmé avoir réagi à l'agression d'"émeutiers" lors de deux incidents distincts. Le premier est survenu à Beith Ommar, près d'Hébron, une ville du sud de la Cisjordanie où les tensions demeurent vives entre des colons israéliens et la population palestinienne locale, le second à Kafr Ein, près de Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée.

À Beit Ommar, selon le ministère palestinien de la Santé, un Palestinien a succombé après avoir été blessé par balle à la tête par l'armée israélienne.

De son côté, l'armée a, elle, indiqué dans un communiqué avoir ouvert le feu, sans faire de victime, sur "des émeutiers" qui avaient lancé des pierres et des engins explosifs en direction des soldats après que deux véhicules de l'armée, en patrouille près de Beit Ommar, se furent retrouvés bloqués par un problème technique.

Puis, à Kafr Ein, Jawad et Dhafer Abdul Rahman Rimawi, deux frères âgés respectivement de 22 et 21 ans, ont été tués par des tirs de l'armée israélienne, selon le ministère palestinien. 

Sur Twitter, le ministre palestinien des Affaires civiles, Hussein al-Cheikh, a estimé qu'il s'agissait d'une "exécution de sang-froid", la qualifiant de "crime horrible". 

L'armée israélienne a, elle, évoqué une "violente émeute" survenue "pendant des activités de routine" des Forces de défense israéliennes, près de Kafr Ein. Des "suspects ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des soldats, qui ont répondu par des moyens de dispersion anti-émeute et des tirs réels", a-t-elle affirmé.

"Nous sommes au courant des informations faisant état de deux Palestiniens tués. L'incident fait l'objet d'un examen", a-t-elle ajouté.

Intensification de la violence

Après ces affrontements, le mouvement islamiste armé Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza et qui compte des soutiens en Cisjordanie notamment, a indiqué dans un communiqué que "l'escalade" israélienne allait rencontrer une "résistance croissante" de la part des Palestiniens.

Les violences se sont intensifiées ces derniers mois en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. 

L'armée israélienne a multiplié les raids à travers ce territoire, dans la foulée d'attaques anti-israéliennes meurtrières. Ces opérations et les heurts qui y sont parfois associés ont fait plus de 125 morts palestiniens, le bilan le plus lourd depuis sept ans, selon l'ONU.

"Le conflit atteint de nouveau un point d'ébullition", a d'ailleurs déclaré lundi le médiateur de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, à la veille de la journée internationale de "solidarité" avec les Palestiniens. 

Ces événements interviennent au moment où se poursuivent les tractations pour former un nouveau gouvernement en Israël, entre le Premier ministre israélien désigné, Benjamin Netanyahu, à la tête du parti de droite Likoud, et ses alliés ultra-orthodoxes et d'extrême droite arrivés majoritaires aux législatives du 1er novembre (64 sièges sur 120), devant le camp du centriste Yaïr Lapid.

Partie prenante de ces discussions, Itamar Ben Gvir, figure de proue de l'extrême droite qui a récolté un nombre record de sièges au Parlement (14), plaide pour que les forces israéliennes puissent faire usage de davantage de force contre le "terrorisme".

Vendredi dernier, le Likoud et le parti "Force juive" d'Itamar Ben Gvir ont signé un accord de coalition selon lequel ce dernier occupera le poste de ministre de la Sécurité nationale dans le prochain gouvernement. Mais cet accord reste conditionnel et les pourparlers se poursuivaient mardi entre le Likoud et d'autres partis, religieux ou d'extrême droite, pour former un gouvernement.

La semaine dernière, l'armée israélienne avait suspendu deux soldats mis en cause dans l'agression de militants des droits humains à Hébron. 

"Ben Gvir va faire le ménage ici. C'est fini, vous avez perdu […] la fête est finie", avait déclaré un des deux soldats, filmé par un activiste et dont les propos ont scandalisé une grande partie de la presse israélienne.

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Avec AFP

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