Avec "Hope", les Émirats deviennent le premier pays arabe à tutoyer Mars

Le lancement d'une fusée dans l'espace est projeté sur la Burj Khalifa de Dubaï, le 9 février 2021, alors que la sonde "Hope" des Émirats arabes unis effectue une manœuvre pour entrer dans l'orbite de Mars.
Le lancement d'une fusée dans l'espace est projeté sur la Burj Khalifa de Dubaï, le 9 février 2021, alors que la sonde "Hope" des Émirats arabes unis effectue une manœuvre pour entrer dans l'orbite de Mars. © Giuseppe Cacace, AFP
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Les Émirats arabes unis ont réussi à placer, mardi, leur sonde "Hope" autour de l'orbite de Mars. Ils deviennent ainsi le premier pays arabe à réaliser cet exploit après avoir été tenu en haleine lors de la délicate manœuvre.

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Un mardi 9 février 2021 historique pour les Émirats arabes unis, qui ont réussi à placer leur sonde en orbite autour de Mars, une première pour un pays arabe. "Au peuple des Émirats arabes unis, aux nations arabes et musulmanes, nous annonçons l'entrée réussie en orbite autour de Mars. Dieu soit loué", a déclaré solennellement Omran Sharaf, le responsable du projet de la mission.

En direct du centre spatial à Dubaï, il a exprimé son soulagement à l'instar des ingénieurs présents. "Ce que vous avez accompli est un honneur pour votre nation. Je tiens à vous féliciter", leur a lancé Mohammed ben Zayed, prince héritier d'Abu Dhabi et homme fort des Émirats, riche pays du Golfe.

La sonde, conçue pour percer les secrets du climat martien, sera le premier des trois engins spatiaux devant atteindre Mars en février.

Outre les Émirats, la Chine et les États-Unis ont lancé des engins en juillet, profitant d'une période où la Terre et Mars sont les plus proches.

>> À relire : Les Émirats arabes unis se préparent à leur rendez-vous avec Mars

La mise en orbite de "Hope" ("Amal" en arabe, "Espoir" en français) autour de Mars coïncide avec le 50e anniversaire en 2021 de l'unification des sept émirats au sein de la fédération des Émirats arabe unis. Tous les monuments du pays seront éclairés en rouge la nuit.

"Susciter un grand changement dans l'état d'esprit"

La sonde "Hope" a commencé une manœuvre de 27 minutes à 15 h 30 GMT consistant à ralentir suffisamment pour être tirée par la gravité martienne, la partie la plus difficile de la mission, selon des responsables.

La sonde a tourné et mis à feu ses six puissants propulseurs pour ralentir sa vitesse de 121 000 km/h à environ 18 000 km/h.

"Vingt-sept minutes à l'aveugle détermineront le sort de sept années de travail", a tweeté en début de semaine Sarah al-Amiri, présidente de l'Agence spatiale des Émirats et ministre d'État chargée des Technologies avancées.

"Ce projet est très important pour la nation, pour toute la région et pour la communauté scientifique et spatiale mondiale", a plus tôt déclaré à l'AFP Omran Sharaf. Selon lui, l'objectif est "beaucoup plus grand" que le seul fait d'atteindre Mars. 

"Le gouvernement veut susciter un grand changement dans l'état d'esprit de la jeunesse émiratie (...) pour accélérer la création d'un secteur scientifique et technologique de pointe", a-t-il ajouté.

Objectif : établir une colonie humaine sur Mars d'ici un siècle

Si la sonde est conçue pour fournir une image complète de la dynamique météorologique de la planète, elle constitue également un pas vers un objectif beaucoup plus ambitieux : l'établissement d'une colonie humaine sur Mars dans un délai de 100 ans.

En plus de consolider leur statut d'acteur régional clé, les Émirats souhaitent que le projet serve de source d'inspiration pour la jeunesse arabe, dans une région qui fait plus souvent la une pour ses conflits dévastateurs et ses crises politiques que pour ses prouesses scientifiques.

Pour marquer ce moment historique, des images de deux lunes de Mars – Phobos et Deimos – ont été projetées dans le ciel de Dubaï, pour permettre de "voir ce que la sonde voit", selon le bureau en charge des médias de l'émirat.

Contrairement aux missions chinoise Tianwen-1 et américaine Mars 2020, "Hope" ne se posera pas sur la planète rouge. Elle doit utiliser trois instruments scientifiques pour surveiller l'atmosphère martienne et devrait commencer à transmettre des informations en septembre, des données auxquelles les scientifiques du monde entier auront accès.

Avec AFP

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