Dans la presse

Terrorisme : la cyber-guerre des États contre le jihad

France24

Au menu de cette revue de presse française présentée par Sandrine Gomes, de nombreuses questions : existe-t-il un jihad français ? Quels défis se posent au "modèle républicain" et quel rôle doit jouer l'école dans la construction du "vivre ensemble" ? Le temps des questions mais aussi de l'action : la mobilisation des États s'organise pour contrer la prolifération du jihad sur Internet.

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La presse française s’interroge ce matin sur l’existence d’un jihad français. Selon "Libération", aussi bien les frères Kouachi, qu’Amady Coulibaly ont grandi et se sont radicalisés en Île-de-France et dans le Cantal. Tous ont été emprisonnés, suivis et fichés.

Dans son édito, Laurent Joffrin explique que "le social n’est pas tout". Si l’itinéraire des trois terroristes doit beaucoup à l’exclusion, il reste que les jeunes tueurs ont trouvé dans l’Islam radical un but qui les transcendait. D’où cette question : "Nos sociétés donnent-elles un sens à la vie ?". Sans un idéal démocratique vivant et fort, poursuit Laurent Joffrin, l’idéal intégriste s’engouffre dans la brèche.

Pour "l’Opinion", c’est notre modèle républicain qui doit être rénové après ces drames, car depuis des années, "c’est une république abstraite, aussi idéalisée qu’irréelle que l’on convoque à tout bout de champ".

Face aux causes de ce terrorisme intérieur, les journaux reviennent aussi sur les moyens de lutte des États pour contrer le terrorisme. C'est leur priorité numéro un désormais, explique "Le Figaro" : contrôler Internet pour contrer, endiguer la radicalisation des jeunes. Selon le quotidien, de Paris à Washington, la mobilisation est générale pour renforcer la lutte contre le "cyber-jihadisme".

Dans son édito, le journal considère que l’heure est venue pour les États démocratiques de faire la politique au "Far West" en y imposant un état de droit et en sanctionnant les hors-la-loi… Car les hackers jihadistes eux sont déjà passés à l’offensive contre la France. Au 14 janvier, le site spécialisé "Zataz" recensait déjà plus de 20 000 sites attaqués par 27 groupes différents. Des labels aux contours flous, aux origines diverses selon "Libération" et dont les motivations ne sont pas toujours cohérentes. Seul point commun : l’opposition aux caricatures de Mahomet. Pour un spécialiste, ces attaques jusqu’ici de basse intensité ont pour but de "frapper l’opinion publique". Pour le journal, "plus que de cyber-guerre, il faudrait plutôt parler de guerre des nerfs des hackers". Si l’État a annoncé plus de moyens pour lutter contre la radicalisation sur Internet, il en manque ailleurs met en garde "Le Parisien". À peine 3 gilets pare-balles pour un commissariat, des casques qui ne sont pas pare-balles, radios obsolètes… C’est l’amer constat des policiers interrogés par le journal. Ils se disent mal armés face aux menaces. Un brigadier du 93 raconte que certains "se retrouvent parfois seuls devant une synagogue pendant que d’autres collègues qui n’ont ni gilet pare-balles, ni pistolet mitrailleur attendent dans la voiture". L’arrivée des militaires sur les sites sensibles est vécue par ces policiers comme un soulagement mais cela n’efface pas la peur.

L’autre sujet qui occupe la presse concerne les moyens d’action en milieu scolaire après les 200 incidents récencés lors de la minute de silence. Pour "Le Figaro", le gouvernement est face à un dilemme : comment inculquer les valeurs de la République à l’école ? Qu’est-ce-que la laïcité à l’école ? Comment l’enseigner en dehors de l’éducation civique avec les nuances et la clarté qui s’impose ?

Des questions poursuit "Le Parisien", sur lesquelles se sont penchées d’anciens ministres de l’Éducation nationale,  droite et gauche confondues, autour de la jeune ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem. Pour l’ancien ministre socialiste, Jack Lang, "il faut de bons maîtres d’école, bien formés". Pour Jean-Pierre Chevènement du mouvement républicain et citoyen, il faut "un espace commun de délibération"…
 

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