Droits TV de Ligue 1 : l'appel d'offres de la LFP fait chou blanc

Le président de la Ligue de football professionnel (LFP) Vincent Labrune, photographié lors d'une conférence de presse, organisée à Paris, le 10 septembre 2020.
Le président de la Ligue de football professionnel (LFP) Vincent Labrune, photographié lors d'une conférence de presse, organisée à Paris, le 10 septembre 2020. © Franck Fife, AFP (archives)
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La Ligue de football professionnel (LFP) n'est pas parvenue à attribuer, lundi 1er février, les droits de retransmission télévisée de la Ligue 1 et de la Ligue, 2 initialement obtenuspar Mediapro, les offres reçues n'ayant pas atteint les prix de réserve qu'elle avait fixés.

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L'opération sauvetage  de la diffusion du football français a échoué : aucun diffuseur n'a formulé, lundi 1er février, d'offre suffisante pour la reprise des droits TV de Ligue 1 – jusque-là détenus par le groupe Médiapro et sa chaîne en cessation de paiement, Téléfoot –, Canal+ et beIN Sports choisissant même de boycotter l'appel d'offres. La crise dure, même si des acteurs inattendus frappent à la porte.

Après une interminable journée de délibérations au siège parisien de la LFP, le verdict est tombé, implacable et cruel.

Malgré des offres d'Amazon, de la plateforme DAZN et de Discovery, maison mère d'Eurosport, les prix minimums fixés par la Ligue, de "réserve", n'ont "pas été atteints" et la procédure a été "déclarée infructueuse" selon l'instance, qui va prendre "48 heures pour définir les prochaines étapes de la commercialisation de ses droits".

À travers une consultation de marché lancée dans l'urgence le 19 janvier, la LFP espérait réattribuer l'essentiel des rencontres de Ligue 1 et de Ligue 2 délaissées par le diffuseur défaillant Mediapro (80 % des matches), qui avait négocié son retrait du marché en décembre après avoir été incapable de régler ses échéances à l'automne.

Plusieurs enveloppes ont certes été déposées dans la matinée, mais aucune n'a été jugée suffisamment convaincante – tant qualitativement que quantitativement – par le comité de pilotage réuni dans l'après-midi, composé notamment de Jean-Michel Aulas et Jacques-Henri Eyraud, les présidents de Lyon et de Marseille.

Qui pour diffuser OM-PSG dimanche ?

"La situation est intéressante", a estimé Aulas, se voulant positif, et laissant entendre que les offres, aux montants tenus secrets, pouvaient laisser espérer d'éventuelles négociations de gré à gré prometteuses avec les potentiels repreneurs ces prochains jours. "Fin du match", a lancé, plus catégorique, Philippe Piat, le coprésident du syndicat des joueurs UNFP.

Chaque jour qui passe désormais vaudra cher pour les clubs, qui anticipent déjà des pertes de 1,3 milliard d'euros en fin de saison, entre pandémie et crise des droits télévisuels.

À très court terme, il faudra décider dans l'urgence des modalités de diffusion de la journée de championnat prévue le week-end prochain et marquée par le "Classique" de la Ligue 1, opposant Marseille au Paris SG, dimanche 7 février à 21h.

Téléfoot, la chaîne de Mediapro qui continue d'émettre au moins jusqu'au mercredi 3 février et semble prête à jouer les prolongations, sera-t-elle une option ? En tout cas, l'espoir de voir cette grande affiche rapporter gros au football français semble mince. Le groupe M6 en a d'ailleurs profité pour proposer à nouveau ses services "afin de ne pas priver le public du match", selon son patron Nicolas de Tavernost sur Twitter.

Canal+ en conflit

Autre motif majeur d'inquiétude, la stratégie défiante de Canal+ et beIN Sports, qui n'ont pas souhaité faire de commentaire. Les deux diffuseurs principaux du foot français ces dernières années n'ont pas formulé d'offre selon plusieurs sources proches du dossier, actant quasiment le scénario du pire pour les dirigeants du foot pro.

La chaîne cryptée, qui diffuse les 20 % restants de la Ligue 1 contre 330 millions d'euros annuels, conteste les modalités de la procédure lancée par la LFP, auprès du tribunal de commerce de Paris et de l'Autorité de la concurrence.

Et le groupe qatari, dont le patron Nasser Al-Khelaïfi est aussi celui du Paris SG, semble avoir choisi le même camp que le groupe de Vivendi. Même pour la plus abordable Ligue 2, qu'il diffuse déjà en partie, beIN n'a pas avancé ses pions.

L'horizon est donc totalement assombri pour les clubs, qui ont clairement tiré un trait sur la somme de 1,217 milliard d'euros initialement promise après l'appel d'offres de 2018, L1 et L2 confondues.

Pire, ils risquent désormais de faire face à de possibles nouvelles interruptions de paiement : Canal+ a en effet indiqué qu'elle souhaitait restituer son lot de rencontres (racheté à beIN Sports via un accord de sous-licence), estimant sa valeur "surévaluée" dans le contexte de l'appel d'offres de 2018. Or, un versement de la chaîne cryptée est attendu vendredi...

Seul soulagement pour le secteur ? Il a au moins attiré des candidats, dont le directeur éditorial de la chaîne Téléfoot, Jean-Michel Roussier, candidat en son nom propre selon une source proche du dossier confirmant une information de L'Équipe.

Suffisant pour affirmer que la L1 plaît toujours ? Peut-être, mais pas à n'importe quel montant…

Avec AFP

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