Rugby : des Bleus ambitieux rêvent de reconquérir le Tournoi des Six Nations

Le demi de mêlée français Antoine Dupont avait été désigné meilleur joueur du Tournoi des Six Nations l'année dernière.
Le demi de mêlée français Antoine Dupont avait été désigné meilleur joueur du Tournoi des Six Nations l'année dernière. © Andy Buchanan, AFP

Les rugbymen français ont enchaîné les victoires l'année dernière et ont manqué de peu de remporter le Tournoi des Six Nations. Ils sont donc très attendus dans l'édition 2021 de cette compétition, qu'ils débutent, samedi, à Rome, contre l'Italie.

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Pour le rugby français, la disette ressemble à une "dixette". Les Bleus n'ont en effet plus gagné le Tournoi des Six Nations depuis leur grand chelem en 2010. Un exploit qui a marqué le début d'un inexorable déclin du XV de France dans cette compétition annuelle prestigieuse, la France terminant même à la sixième et dernière position en 2013.

Les rugbymen français ont nettement relevé la tête lors de la dernière édition puisqu'ils ont terminé premiers à égalité avec les Anglais, sacrés vainqueurs du Tournoi grâce à une meilleure différence entre les points marqués et encaissés. Une embellie qui a coïncidé avec l'arrivée, à la tête des Bleus, du nouveau staff sportif dirigé par Fabien Galthié, suivie d'un important renouvellement du groupe de joueurs, largement rajeuni.

La recette a fonctionné puisque les Bleus ont signé, en 2020, un bilan de 8 victoires et 2 défaites qui leur a permis de remonter à la 4e place du classement mondial, derrière l'Afrique du Sud, l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande. Ils veulent maintenant que ces résultats se concrétisent par un titre dans le Tournoi des Six Nations. Et la première étape se présente samedi 6 février face à l'Italie, une équipe en méforme qui pointe actuellement à la 14e place du classement mondial.

"Notre objectif est de gagner des matches et des titres. C'est un objectif immédiat et permanent. À chaque rendez-vous, nous avons le même objectif : gagner le match qui nous est proposé, puis gagner la série de matches qui nous attend", a expliqué Fabien Galthié la semaine dernière lors d'une conférence de presse.

La formule du Tournoi des Six Nations fait que le nombre de matches à la maison et à l'extérieur change chaque année. Les Français avaient ainsi disputé trois rencontres à domicile l'an dernier, pour autant de victoires, et avaient effectué deux déplacements. L'édition 2021 s'avère plus difficile car ils joueront trois fois à l'extérieur : après l'Italie samedi 6 février, à Rome, ils iront défier deux redoutables adversaires, l'Irlande puis l'Angleterre.

Baptisé "le crunch", le choc contre les Anglais, prévu le 13 mars pour le compte de la 4e journée du Tournoi, s'annonce particulièrement croustillant cette année. Les Bleus avaient battu l'an dernier l'Angleterre (24-17), vice-championne du monde en titre, à Paris. Et ils sont passés très près de la victoire en décembre dernier, à Londres, lors de la finale de la Coupe d'Automne, ne s'inclinant que 19 à 22 sur une "pénalité en or" inscrite par l'ouvreur anglais Owen Farrell lors des prolongations.

Un protocole sanitaire très strict

Cette belle prestation des Bleus dans cette nouvelle compétition, créée pour compenser l'annulation en 2020 des tournées de printemps et d'automne en raison de la pandémie de Covid-19, a été d'autant plus remarquée que le groupe français comprenait de nombreux nouveaux joueurs. La plupart des cadres de l'équipe, contraints de rester avec leurs clubs respectifs, n'avaient pas pu disputer cette finale contre l'Angleterre. Leurs absences avaient d'ailleurs inspiré des commentaires sarcastiques à plusieurs journalistes anglais, qui ne croyaient pas trop en cette "équipe B" et parlaient d'une "farce française". Après la courte défaite des Bleus, le troisième ligne français Cameron Woki leur avait fièrement répondu en mettant en avant "la force française".

Ces contraintes de sélection ne se sont pas répétées pour cette édition du Tournoi. Fabien Galthié a préparé cette rencontre avec un groupe de joueurs au sein duquel sont notamment de retour Charles Ollivon, capitaine des Bleus, l'étincelant demi de mêlée Antoine Dupont ou le précieux deuxième ligne Bernard Le Roux. Deux blessés importants manquent tout de même à l'appel, l'ouvreur Romain Ntamack et le trois-quarts centre Virimi Vakatawa.

En l'espace d'une année, le sélectionneur des Bleus a déjà réussi son pari d'améliorer l'image de l'équipe de France, grandement ternie au cours de la décennie précédente. Dans une interview accordée au Figaro, Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby (FFR), se réjouit ainsi de l'état d'esprit affiché par "une équipe passionnée, qui a faim, qui mouille le maillot. Les jeunes sont peu expérimentés mais ils se jettent dans la bataille avec beaucoup d'enthousiasme. C'est ça qu'on veut, tout simplement. Continuer à applaudir une équipe de France qui nous donne satisfaction. Ils ont envie d’écrire leur histoire, de gagner le Tournoi des Six Nations. Alors je leur dis 'allez-y, c’est l’heure…'"

Au-delà du résultat final, la tenue de cette édition du Tournoi constitue un soulagement pour la FFR et les cinq autres fédérations qui, malgré des stades vides, pourront compter sur des droits de télévision primordiaux pour leurs finances. Les fédérations ont longtemps redouté un report ou une annulation en raison de la pandémie de Covid-19. La saison dernière déjà, des matches avaient été repoussés à l'automne, la France disputant notamment fin octobre une rencontre avec l'Irlande initialement prévue le 8 mars. Pour tenter d'éviter que ce scénario ne se répète, un protocole sanitaire très strict devra être suivi par les équipes participantes. Et le groupe France a ainsi été réduit à 31 joueurs, au lieu de 42, dans le but de limiter les risques de contamination au cours de cette compétition qui s'étale sur six semaines.

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