Biathlon : l'ombre du dopage plane sur les championnats du monde

Les championnats du monde de biathlon débutent mercredi 10 février à Pokljuka, en Slovénie.
Les championnats du monde de biathlon débutent mercredi 10 février à Pokljuka, en Slovénie. AFP - MARCO BERTORELLO

À quelques jours de l’ouverture des championnats du monde de biathlon à Pokljuka, en Slovénie, un rapport d'une commission d’enquête indépendante ravive le spectre du dopage. Les conclusions sont accablantes pour Anders Besseberg, l’ancien président de la Fédération internationale, qui avait démissionné à la suite d’un rapport de l’Agence mondiale antidopage.

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"Absolument effrayant", pour le Norvégien Vetle Christiansen au micro de la NRK, "digne d'Hollywood", selon Frédéric Jean, entraîneur de l'équipe de France féminine, ou encore "un crève-cœur", pour Quentin Fillon-Maillet, leader des biathlètes français. Les mots ne manquent pas à Pokljuka, en Slovénie, où les mondiaux de biathlon débutent mercredi 10 février, pour exprimer le choc ressenti après les preuves exposées sur les pratiques douteuses de l'ancien président de la fédération internationale (IBU), de 1992 à 2018.

"Protéger les intérêts de la Russie au-delà de toute rationalité"

Anders Besseberg est accusé, ainsi que sa directrice générale Nicole Resch, d'avoir pendant des années, "de manière constante, protégé les intérêts de la Russie, bien au-delà de toute rationalité". Plus concrètement, le président de l'IBU de l'époque aurait dissimulé de nombreux cas de dopage russes, milité pour la participation de la Russie aux JO de PyeongChang en 2018 malgré le scandale de dopage institutionnalisé alors en cours, et usé de toute son influence pour que l'organisation des Mondiaux-2021 soit confiée à la Russie, retirée depuis dans le cadre des sanctions pour dopage.

Le Norvégien, qui a démissionné en avril 2018 de son poste de président, aurait reçu en échange plusieurs montres de luxe, de l'argent, des voyages et bénéficié de séjours de chasse tous frais payés, ainsi que des services de prostituées. Il n'a pas souhaité réagir aux accusations de l'IBU, cette affaire étant par ailleurs en cours sur le plan pénal.

"Comment est-ce possible ?"

Les biathlètes français sélectionnés pour ces mondiaux déplorent unanimement ces pratiques. Ainsi, Anaïs Chevalier-Bouchet avoue avoir ri jaune en parcourant le rapport : "Comment est-ce possible de laisser passer des choses aussi énormes ? C'est absurde, incroyable… J'espère qu'avec ce rapport, la volonté de l'IBU est de clairement améliorer les choses". Des sentiments que partage son compatriote Quentin Fillon-Maillet : "Même si on était déjà un peu au courant, ça me brise le cœur. Il faut continuer à se battre pour un sport plus propre. Montrer que c'est possible de performer sans se doper. Je ne pointe personne du doigt mais je trouve ça vraiment dommage pour notre sport".

Peu de contrôles anti-dopage

Les deux Français s'étonnent par ailleurs d'avoir subi très peu de contrôles cette année en dehors des compétitions, contrairement à l'an passé. Une impression confirmée par Émilien Jacquelin : "Cette année, je n'ai pas été contrôlé avant les mondiaux, contre deux fois l'an dernier. Je trouve ça étrange, mais l'IBU nous garantit qu'ils font autant de contrôles… Quant au rapport d'enquête, j'espère qu'il tourne la page d'une époque passée". Tourner la page et montrer des efforts sincères en matière de lutte contre le dopage, tels étaient certainement les objectifs de l'IBU avec la publication de cette enquête indépendante.

Il faut désormais attendre la décision de l'Unité d'intégrité du biathlon, ainsi que celles des justices norvégienne et autrichienne, pour connaître les sanctions qui seront prises à l'encontre d'Anders Besseberg et de Nicole Resch.

 

 

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