Procès Fifa : le parquet fait appel de l'acquittement de Nasser al-Khelaïfi

Le patron de beIN Media Group et du PSG Nasser al-Khelaïfi, à la sortie de son procès devant le tribunal de Bellinzone, le 14 septembre 2020.
Le patron de beIN Media Group et du PSG Nasser al-Khelaïfi, à la sortie de son procès devant le tribunal de Bellinzone, le 14 septembre 2020. © Fabrice Coffrini

Nasser al-Khelaïfi, patron de beIN Media et du Paris SG, devrait être à nouveau jugé dans le cadre d’une affaire de droits TV impliquant également l'ex-numéro 2 de la Fifa Jérôme Valcke. Le parquet suisse a confirmé, mardi 16 février, avoir fait appel de son acquittement. 

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Un possible retour sur le banc des accusés. Le parquet suisse a fait appel, mardi 16 février, de l'acquittement en octobre dernier de Nasser al-Khelaïfi, patron de beIN Media et du Paris SG, dans une affaire de droits TV impliquant également l'ex-numéro 2 de la Fifa Jérôme Valcke. 

Premier des multiples scandales du football mondial à aboutir à une décision judiciaire, ce procès devant le Tribunal fédéral de Bellinzone s'était soldé par un revers quasi-total pour l'accusation en première instance. 

Après avoir reçu en janvier le jugement motivé, le Ministère public de la confédération (MPC) a "déposé une déclaration d'appel en février" pour solliciter "la condamnation des trois accusés", a indiqué une porte-parole à l'AFP, confirmant une information du journal L'Équipe.  

Dans le volet le plus médiatisé, Nasser al-Khelaïfi et Jérôme Valcke étaient accusés d'avoir conclu un pacte dans le dos de la Fifa, relevant de la "gestion déloyale" et passible de cinq ans de prison.  

Au terme de dix jours d'audience en septembre 2020, le parquet avait requis 28 mois d'emprisonnement contre le dirigeant qatari, 3 ans contre Jérôme Valcke et 30 mois contre un homme d'affaires grec, Dinos Deris, acquitté du chef de "corruption privée" dans une affaire distincte.  

Comme l'accusation, le Tribunal pénal fédéral avait estimé que M. Valcke avait monnayé son soutien à beIN en échange d'une luxueuse villa sur la Côte d'Émeraude sarde, achetée pour lui 5 millions d'euros fin 2013 par une société brièvement détenue par Nasser al-Khelaïfi.   

Acquitté après un accord avec la Fifa  

L'ancien secrétaire général de la Fifa avait sollicité l'aide du dirigeant qatari pour financer la "Villa Bianca", quelques mois avant la signature, en avril 2014, d'un contrat entre beIN et l'instance du football portant sur les droits en Afrique du Nord et au Moyen-Orient des Mondiaux-2026 et 2030. 

Dans leur jugement civil, les magistrats ont même qualifié de "pot-de-vin" l'acompte pour la demeure remboursé par Nasser al-Khelaïfi à Jérôme Valcke. Ils ont donc condamné ce dernier à le reverser à son ancien employeur. 

Mais au pénal, le tribunal ne pouvait condamner pour "corruption privée", la Fifa ayant retiré sa plainte en janvier 2020 après un accord avec Nasser Al-Khelaïfi, dont les termes n'ont jamais été rendus publics. 

Restait donc l'accusation de "gestion déloyale", qui nécessite de prouver que l'accord entre les deux hommes a lésé la Fifa. Or "rien n'indique que la Fifa aurait pu obtenir un contrat plus avantageux" que celui signé avec beIN pour 480 millions de dollars pour deux Coupes du Monde, soit 60 % de plus que pour les Mondiaux-2018 et 2022, avait tranché le tribunal. 

Dans un dossier distinct, Jérôme Valcke était accusé d'avoir touché 1,25 million d'euros de la part de Dinos Deris, pour favoriser l'obtention des droits médias de plusieurs Coupes du monde en Grèce et en Italie : il a là encore été blanchi de l'accusation principale, mais condamné pour avoir inscrit ces pots-de-vin sous le terme de "prêts" dans sa comptabilité. 

Avec AFP 

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