Présidence de la CAF : la demande de consensus de la Fifa jugée peu "démocratique"

Le candidat ivoirien à la présidence de la CAF, Jacques Anouma, lors d'une conférence de presse en février 2021.
Le candidat ivoirien à la présidence de la CAF, Jacques Anouma, lors d'une conférence de presse en février 2021. © Sia Kambou, AFP

Alors que la Fifa pousserait au consensus derrière le Sud-Africain Patrice Motsepe pour présider la Confédération africaine de football (CAF), le candidat ivoirien, Jacques Anouma a dénoncé, mardi, une manœuvre "pas trop démocratique".

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Jacques Anouma tient à remettre les choses à leur place. Le candidat ivoirien à la présidence de la CAF affirme que la volonté prêtée à la Fifa de trouver un consensus autour du Sud-Africain Patrice Motsepe n'est qu'un "accord de principe". Il juge d'ailleurs la méthode "pas trop démocratique", dans un entretien accordé à l'AFP dans la soirée du 2 mars. 

"C'est un accord de principe qui a été trouvé", a affirmé Jacques Anouma après une rencontre pendant le week-end à Rabat des trois candidats ouest-africains, à l'invitation du président de la fédération marocaine, Fouzi Lekjaa."Il faut que nos pays l'acceptent et le valident. On s'est donné jusqu'au 5 mars pour que cet accord soit validé."

Selon lui, le "procès verbal qui a été paraphé" à l'issue de cette réunion de Rabat "ne devait être connu par personne".

"Je suis choqué. On met plus en avant une distribution de postes qu'un accord pour aller vers l'unité. On a l'impression qu'on a sacrifié l'Afrique sur l'autel de nos ambitions personnelles", s'emporte Anouma, ancien membre du comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa).

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Selon des sources proches des candidats, Augustin Senghor (Sénégal) et Ahmed Yahya (Mauritanie) seraient prêts à accepter la proposition de la Fifa : s'ils renoncent à se présenter lors du scrutin prévu le 12 mars pour laisser la scène au milliardaire sud-africain, soutenu par Gianni Infantino, le président de la Fifa, ils seront 1er et 2e vice-présidents.

Jacques Anouma se verrait proposer un poste de conseiller du président.

"Je ne fuirais pas mes responsabilités"

Pour lui, "on peut sortir d'un accord. Si mes électeurs, ma base et les autorités me disent, cela ne nous intéresse pas, allons à des élections, je ne fuirais pas mes responsabilités".

Et "si on n'est pas d'accord, la seule manière de nous départager est l'élection, qui est démocratique", or "ce qui se passe n'est pas trop démocratique, on impose aux électeurs un schéma. Qui vous dit qu'ils sont preneurs ?", s'est-il interrogé.

Selon un conseiller de l'un des candidats interrogé lundi, "l'idée de la Fifa est de mettre ensemble les quatre candidats, sous l'égide du Maroc, pour qu'ils se mettent d'accord pour un programme commun, et désigner parmi eux un seul candidat".

"Motsepe a la préférence de la Fifa, qui veut quelqu'un de nouveau, pas impliqué dans l'ancienne direction, pour attirer les nouveaux sponsors, les investisseurs et donner une plus belle image de la CAF après tout ce qui s'est passé", poursuit cette source.

Le gouvernement africain du football a en effet été secoué. Le président sortant, le Malgache Ahmad Ahmad, a été suspendu cinq ans par la Fifa en novembre pour soupçons de corruption.

"Motsepe a le plus mauvais profil des quatre, ce ne serait qu'une marionnette", assure à l'AFP Bacary Cissé, patron de l'hebdomadaire sportif du Sénégal Record. "La Fifa veut le parachuter sur le foot africain".

Après la rencontre de Rabat, chaque candidat est rentré dans son pays pour des consultations. Ils doivent se retrouver le week-end prochain à Nouakchott lors de la finale de la CAN-U20, pour arrêter un choix avant l'élection du 12 mars.

Avec AFP

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