Bousculade mortelle de la CAN-2022 : le stade ne sera pas réutilisé pour les quarts de finale

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, durant le tirage au sort des éliminatoires de la CAN-2022 (Image d'archive).
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, durant le tirage au sort des éliminatoires de la CAN-2022 (Image d'archive). © Pierre René-Worms, France 24

Au lendemain du mouvement de foule qui a coûté la vie à au moins huit personnes au stade d'Olembé de Yaoundé avant le match de la CAN-2022 entre le Cameroun et les Comores, le président de la CAF Patrice Motsepe a annoncé mardi que, par respect pour les victimes, le quart de finale prévu dans ce stade sera déplacé.

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Opération déminage pour Patrice Motsepe. Le président de la CAF s'est exprimé, mardi 25 janvier, lors d'une conférence de presse d'urgence après le drame ayant coûté la vie d'au moins huit personnes avant le match Cameroun-Comores.

Après avoir fait observé une minute de silence aux journalistes, le président de l'instance dirigeante du football africain a annoncé que le quart de finale prévu samedi au stade d'Olembé serait déplacé dans l'autre stade de Yaoundé par respect pour les victimes.

"Le stade ne sera pas utilisé tant qu'une enquête complète n'aura pas eu lieu sur les circonstances du drame", a promis Patrice Motsepe. "Nous avons besoin d'un rapport sur ce qui s'est passé, ce qui aurait dû passer, sur les circonstances du drame et sur ce qui doit être fait pour éviter que cela se reproduise."

Patrice Motsepe a réaffirmé la confiance de la CAF envers le gouvernement du Cameroun qui gère la sécurité aux abords des stades. 

"Tout est en œuvre pour que ça n'arrive pas à nouveau", assure-t-il, avant une réunion d'urgence avec le comité d'organisation prévu demain.

Le déplacement du match d'Olembé vers Ahmadou Ahidjo sonne tout de même comme un camouflet pour le Cameroun. Le stade, ultra moderne, est qualifié de "chef d'œuvre" de la CAN et porte le nom du président Paul Biya. 

Une enquête ouverte

Trente-huit personnes ont également été blessées dans le drame, dont sept grièvement, a détaillé dans un communiqué le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.

"Le chef de l'État a prescrit l'ouverture d'une enquête afin que toute la lumière soit faite sur cet incident tragique", poursuit le ministre dont le gouvernement "appelle une fois de plus" les Camerounais "au sens des responsabilités, à la discipline et au civisme de tous pour la réussite totale de cette grande fête sportive".

Dans la nuit, le ministère de la Santé avait annoncé que deux femmes et un enfant figuraient parmi les personnes décédées. La bousculade s'est produite à l'entrée sud du stade d'Olembé, le tout nouveau et plus grand stade du pays, dans la capitale camerounaise. Les victimes ont été "immédiatement transportées" à bord d'ambulances mais "le trafic routier intense a ralenti le transport", avait précisé le ministère.

Le Cameroun accueille depuis le 9 janvier et jusqu'au 6 février la compétition reine du football africain dans les stades de cinq villes. Face à la faiblesse du nombre de spectateurs lors du premier tour du tournoi, les autorités camerounaises ont mis en place des transports dédiés et distribué massivement des billets gratuits pour remplir les stades, lesquels ont été construits spécialement pour la compétition.

De notre envoyé spécial à Yaoundé, Romain Houeix

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