CYCLISME

Accusé de dopage, Laurent Jalabert renonce à être consultant sur le Tour de France

AFP

Alors qu’il est soupçonné d'avoir eu recours à l'EPO lors de la Grande Boucle 1998, l’ancien coureur français Laurent Jalabert a annoncé qu'il renonçait à son poste de consultant télé-radio sur le Tour de France 2013.

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"Afin de pouvoir préparer une défense sereine le moment venu, j'ai décidé en toute liberté de suspendre dès aujourd'hui mes collaborations en tant que consultant auprès des différents médias", a indiqué mardi 25 juin Laurent Jalabert dans un communiqué. "Je ne souhaite pas que ces évènements puissent ternir la fête du centième Tour de France, ni qu'ils puissent porter préjudice à l'image de mes partenaires", a souligné l'ancien coureur aujourd'hui consultant sur la radio RTL et sur France Télévisions.

Une décision qui intervient au lendemain des révélations de l’Equipe.fr qui accuse Laurent Jalabert d'avoir eu recours à l'EPO lors du Tour de France 1998, celui du scandale Festina, citant des tests rétroactifs datant de 2004.

"J'ai toujours fait confiance au staff médical"

Les tests en question ont été pratiqués anonymement, mais la commission d'enquête du Sénat sur l'efficacité de la lutte antidopage a été en mesure de faire des rapprochements entre les échantillons et les noms figurant sur les PV des coureurs, avait indiqué son rapporteur, Jean-Jacques Lozach, le 15 mai, en face de Laurent Jalabert, avant de procéder à son audition.

Quatre-vingt-quatre personnes, dont Laurent Jalabert, ont été entendues par la commission d'enquête sénatoriale mise en place dans la foulée de l'affaire Lance Armstrong, déchu l'an dernier de ses sept victoires sur le Tour (1999-2005) pour dopage. 

L'EPO était à l'époque indétectable dans les analyses. Le test mis au point par le laboratoire de Châtenay-Malabry a été validé en 2001.

"Je ne peux pas dire que ce soit faux, je ne peux pas dire que soit vrai", a réagi Laurent Jalabert sur France 2. "Comme je l’ai dit lors de mon audition au Sénat, audition que j’ai souhaitée publique pour ne rien cacher, j’ai connu trois équipes et j’ai toujours fait confiance au staff médical de l’équipe. Jamais je n’ai eu de médecins extérieurs à ceux de mes équipes, donc c’est la surprise, a-t-il ajouté sur RTL. J’ai toujours fait confiance aux gens qui m’entouraient. Je n’avais aucune raison de penser qu’il fallait être méfiant et que je pouvais être trompé. Nous étions soignés, c’est vrai, il était très difficile ou impossible de savoir quels étaient les médicaments qu’on pouvait nous administrer parfois."

"Il aurait dû être beaucoup plus vigilant"

"Tout ça est très triste, a réagi mardi l’ancien manageur de l’équipe Cofidis Eric Boyer sur FRANCE 24. Si on écoute Jalabert, il indique avoir fait confiance au médecin de son équipe. Il aurait dû être beaucoup plus vigilant. Il est conscient de l’époque qu’il a traversée."

En juillet 2012, l'agence américaine antidopage, l'Usada, a suspendu à vie Michele Ferrari en raison de son implication dans la mise en place du système de dopage qui a bénéficié à Lance Armstrong au sein de la formation US Postal. 

Une époque sombre pour le cyclisme où le dopage sanguin était très répandu dans le peloton. Selon des informations du "Monde", le nom de Laurent Jalabert apparaît dans des documents saisis par la police italienne au domicile du sulfureux Michele Ferrari lors d'une enquête diligentée en 1998 par le juge de Bologne, Giovanni Spinosa. Ses pièces montrent notamment que l'hématocrite (considéré comme un marqueur indirect de la prise d'EPO) du Français passe de 42 % le 19 janvier 1997 à 54 % le 28 août 1997.

Lors du Tour de France 1998, Alex Zülle, ex-coéquipier de Laurent Jalabert, qui venait de quitter la ONCE pour la formation Festina, avait été placé en garde à vue dans le cadre de l'affaire dite Festina. Lors de son interrogatoire, le Suisse avait confié aux enquêteurs : "Lorsque je faisais partie de l'équipe ONCE, je peux dire que la vingtaine de coureurs consommait de l'EPO sous contrôle des docteurs [de l'équipe] Nicolas Terrados et un prénommé José".

Dans cette tristement célèbre Grande Boucle 1998, Laurent Jalabert n'avait gagné aucune étape ni porté le maillot jaune. Il avait même abandonné la course dans les Alpes, en même temps que l'ensemble de son équipe ONCE dirigée par le controversé Manolo Saiz.

Si Laurent Jalabert ne risque pas de sanction par rapport aux résultats de l'analyse des échantillons de 1998, pratiquée en dehors de toute procédure disciplinaire, il s'expose néanmoins à des poursuites pénales s'il s'avère qu'il a menti sous serment devant les sénateurs. 

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