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Algérie : le souvenir des moines assassinés reste vivace à Tibéhirine

Dix-neuf religieux et religieuses chrétiens tués durant la guerre civile des années 1990 en Algérie seront béatifiés, samedi 8 décembre, à Oran. Parmi ces martyrs figurent les sept moines du monastère de Tibéhirine, assassinés en 1996 dans des circonstances mystérieuses. Plus de 20 ans après les faits, une petite communauté entretient sur les lieux le souvenir et le message des sept moines trappistes.

Nichée sur un versant de l'Atlas blidéen, en Algérie, l'ancienne ferme du XIXe siècle de Tibéhirine surplombe un panorama montagneux d'une stupéfiante beauté. Seul le sifflement du vent d'hiver déchire le silence que recherchaient les Cisterciens en choisissant ce lieu pour installer Notre-Dame de l'Atlas en 1938.

Dans le cloître, que le soleil baigne en journée d'une lumière douce, des aubes blanches suspendues à une patère convoquent immanquablement le souvenir des sept moines, enlevés dans la nuit du 26 mars 1996 et dont seules les têtes furent retrouvées deux mois plus tard.

>> À voir : "Assassinat des moines de Tibéhirine : 20 ans après, il reste des zones d'ombre"

Les sept moines reposent à l'ombre des arbres du petit cimetière du monastère, sous de petits tumulus de terre, colorés de quelques fleurs qui y ont poussés. Contrastant avec l'ocre des plus anciennes, les sept stèles de marbre blanc portent chacune leur prénom : Christian, Luc, Christophe, Paul, Célestin, Michel, Bruno. Et une date : 21 mai 1996, celle de l'annonce par les Groupes islamiques armés (GIA) de leur assassinat, dans des conditions toujours mystérieuses. "On ne sait pas la date exacte de leur mort, ni le lieu, ni qui" les a tués, rappelle frère Bruno, un prêtre de de la Communauté du chemin neuf (CCN), à qui l'Église d'Algérie a confié le monastère en 2016.

Frère Bruno, frère Yves, sœur Félicité et le père Eugène Lehembre entretiennent désormais le domaine, ses bâtiments parfois centenaires qui accusent leur âge, le jardin et ses milliers d'arbres fruitiers. Et le souvenir des moines martyrs.  "Je me suis senti petit en arrivant ici" car "il s'y est passé quelque chose de très fort", explique le père Eugène Lehembre, prêtre de 67 ans, responsable du monastère.

Avec AFP

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