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L'inquiétante disparition des insectes

Une récente étude publiée par la revue scientifique "Biological Conservation" a montré que la population mondiale des insectes déclinait à un rythme alarmant. D’après les travaux, près de 41 % des espèces d’insectes sont aujourd’hui menacés d’extinction. Soit deux fois plus que les vertébrés. Un déclin qui pourrait avoir de graves conséquences sur les écosystèmes.

Y aura-t-il toujours des insectes dans 100 ans ? Depuis la publication récente d’une étude publiée dans la très sérieuse revue "Biological Conservation", la communauté scientifique s’en inquiète. D’après les travaux menés par des chercheurs australiens, près de 41 % des espèces d’insectes sont aujourd’hui menacés d’extinction partout dans le monde. Soit deux fois plus que les vertébrés.

"L’étude est alarmante car elle fait le bilan de tout ce qui a été publié dans ce domaine scientifique depuis environ 40 ans, constate Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle. Elle montre qu’il y a des populations d’insectes qui sont de moins en moins abondantes, et qu’il y a des espèces qui sont en risque d’extinction voire pour certaines déjà éteintes." Il y a des lépidoptères, donc les papillons, des coléoptères, type scarabées, bousiers, charançons… Il y a aussi des hyménoptères : abeilles, fourmis, guêpes… Puis, il y a quelques groupes d’insectes aquatiques, comme les éphémères ou les perles.

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L’effondrement de ces populations a des conséquences dramatiques pour les écosystèmes. D’abord parce que leur disparition progressive entraîne une diminution du nombre de leurs prédateurs, comme les grenouilles ou les oiseaux. Ensuite, parce qu’elle influe sur les cultures pollinisées et donc notre alimentation.

"Moins de productivité dans les zones cultivées"

"Les insectes ont plein d’autres rôles, comme la dégradation de la matière organique, explique Philippe Grandcolas. Lorsqu’il y a des feuilles mortes, des bois morts, des éléments morts ou des bouses dans les prairies, s’il n’y a plus d’insectes, tous ces éléments ne se décomposent pas à la même vitesse. Donc, on se retrouve avec des écosystèmes où toutes ces fonctions essentielles de décomposition ou de pollinisation ne sont plus assurées. En gros, on risque d’avoir des sols moins structurés et moins de productivité dans les zones cultivées".

Pour les scientifiques, les causes du déclin sont multiples : changement climatique, urbanisation, déforestation et intensification de l’usage des pesticides, notamment dans l’agriculture. En Allemagne, le ministère de l'Environnement prépare une loi pour endiguer le phénomène. Le texte propose de limiter le bétonnage et de réduire "significativement" l'usage des pesticides. Mais les spécialistes estiment que le projet de loi pourrait rencontrer des obstacles politiques.

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"Il est très difficile d’amener certains acteurs à imaginer que l’existence d’un certain nombre d’insectes est tout aussi importante que des systèmes de production de nos sociétés humaines, regrette Philippe Grandcolas. La biodiversité n’est pas seulement utilitaire, elle a aussi une valeur de patrimoine. Et s’il y a un tiers des espèces d’insectes qui disparaissent en quelques décennies, tout ce patrimoine sera perdu. Un peu comme un musée qui brûle."

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