FRANCE

Depuis la France, des Algériens poursuivent la mobilisation contre Bouteflika

À moins de 48 heures de la date limite pour déposer les candidatures en vue de la présidentielle du 18 avril, la mobilisation contre celle d'Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, malade et sérieusement diminué physiquement, continue en Algérie. Cette situation, les Algériens vivant à l'étranger la suivent de très près. À Paris, ils se mobilisent aussi, via des événements organisés essentiellement à l'aide des médias sociaux. Alexandra Renard est allée à leur rencontre.

Lorsque Yahia, architecte algérien de 24 ans résidant en France depuis sept mois, a appris la confirmation de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d'avril 2019, il a décidé d'agir. "J'étais dans ma chambre, révolté, en me disant 'qu'est-ce qu'il faut faire en tant que simple citoyen qui n'a que Facebook pour s'exprimer ?'"

Le jeune homme a tout de suite lancé un évènement sur le réseau social, intitulé "contre la honte, l'Algérie ne vous appartient pas !" Le jour du rassemblement, le 17 février, des centaines de personnes sont présentes place de la République, à Paris, aux cris de "Y'en a marre de ce pouvoir".

Mais le soir même de la manifestation, l'architecte reçoit un appel menaçant :"Si vous continuez à faire ça, vous allez payer." Il a depuis supprimé sa page évènement, porté plainte et évite les rassemblements.

Dans son sillage, d'autres citoyens et militants associatifs se sont mobilisés sur les réseaux sociaux, comme Ali, qui a organisé le troisième rassemblement, dimanche 3 mars à Paris. "J'étais un peu inquiet, parce qu'il y a des activistes dont les pages FB ont été fermées, probablement par le pouvoir algérien. Il y a a des militants qui ont été arrêtés en Algérie. J'ai cru voir le mouvement un peu s'affaiblir, donc j'ai pris cette initiative. L'avantage d'internet, c'est qu'il n'y a pas de censure."