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HISTOIRE

À la découverte de Tromelin, l'île des esclaves oubliés

C’est un confetti de 1 km2 perdu dans l'océan Indien. L’île Tromelin, où 80 esclaves furent abandonnés à la fin du XVIIIe siècle, fait en ce moment l’objet d’une exposition au Musée de l'Homme, à Paris. Un bond dans l’Histoire qui interroge le passé colonial et esclavagiste de la France.

Un bout de récif plat avec très peu de végétation, balayé par les vents et les cyclones de l’océan Indien… Malgré son emplacement géographique, l'île Tromelin est bien loin du paradis tropical.

"On ne peut y accoster, il n’y a pas de crique, pas de pontons et tous les bateaux qui essaient de s'approcher se fracassent sur les récifs. Et donc le seul moyen d'y arriver, c'est avec un avion militaire, un transall de l'armée de l'air qui vient de l'île de la Réunion, située à quelque 500 km de là", explique Sylvain Savoia, auteur de la bande dessiné "Les Esclaves oubliés de l’île Tromelin".

>> À voir : "Les esclaves oubliés de Tromelin, un moment terrible de notre histoire coloniale"

Le bédéiste était de la première expédition de fouille terrestre organisée sur l’île pour tenter de percer les mystères du drame du 31 juillet 1761. Cette nuit-là, "L'Utile", un vaisseau français transportant 160 esclaves malgaches fait naufrage sur la barrière de corail. La moitié d'entre eux survit. Ils vont construire un radeau sur lequel seuls les 122 membres d’équipage, tous Blancs, embarqueront. Avec pour promesse de revenir les chercher. Ils attendront 15 ans.

Micro-société

"On a réussi à expliquer comment ils avaient vécu 15 ans avec des ressources très limitées : en se nourrissant essentiellement d'oiseaux et de tortues, explique Sylvain Savoia. Psychologiquement, c'est une autre histoire. Arriver à garder cette envie de vivre, l'envie de se battre face aux éléments avec aussi peu d'espoir de repartir de cette île un jour. C'est ça qui est le plus admirable."

Pour survivre, les naufragés ont dû s'inventer une micro-société. Ils transforment les matériaux de l'épave en objets de la vie courante et bâtissent des habitations en corail. Au fil des ans, des maladies et des naufrages, tous les hommes disparaissent. Mais la France finit par tenir promesse. Après quatre tentatives, le chevalier Tromelin, officier de marine et explorateur, atteint l'île le 29 novembre 1776. Seules sept femmes et un enfant de 8 mois sont en vie. Elles seront rapatriées à la colonie de l'île Maurice, affranchies et pensionnées jusqu'à leur mort.

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