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La restitution par la France des îles Éparses à Madagascar, "un enjeu d'identité nationale"

La visite en France, mercredi, du nouveau président malgache, Andry Rajoelina a été l’occasion d’évoquer le statut des îles Éparses. "Une question d'identité nationale" pour le ministre malgache des Affaires étrangères, invité de France 24.

La visite à Paris, mercredi 29 mai, du nouveau président malgache, Andry Rajoelina – qui en a profité pour annoncer une probable victoire de son parti aux élections législatives du lundi 27 mai – a été l’occasion pour Madagascar de renouer le dialogue avec la France autour du statut des îles Éparses. C’est en tout cas ce qu’ont décidé Emmanuel Macron et son homologue, mercredi 29 mai.

Situées autour de Madagascar, ces cinq îles sont présumées riches en hydrocarbures. Elles sont administrées par la France et revendiquées par Madagascar depuis 1973.

Comme l’ont convenu les deux présidents, le dialogue sera établi via la mise en place d’une commission mixte. Il n’est pas question d’un recours juridique ou d’une résolution de la question par des instances internationales. Une décision qui, à l’image de la semaine que la délégation malgache a passé à Paris témoigne, selon Naina Andriantsitohaina, ministre malgache des Affaires étrangères invité de France 24, de "l’amélioration de la coopération entre Madagascar et la France."

Les discussions entre les deux chefs d’État s’inscrivent, selon le ministre, comme la continuation d’une réunion qui avait eu lieu en 2016, mais qui n’avait pas abouti car la partie française n’avait pas mandat pour restituer ou réintégrer les îles concernées. Pour Naina Andriantsitohaina, cette fois "l’idée est d’avancer vers quelque chose de concret, avec une date limite fixée à juin 2020", date du soixantième anniversaire de l’indépendance de Madagascar

Conflit territorial post-colonial

Ce sont cinq îles au total qui sont regroupées sous l’appellation d'"Éparses". Regroupée autour de Madagascar, c’est pourtant la France qui y exerce sa souveraineté, bien qu’elles aient été rattachées administrativement à Madagascar, en 1896, lorsque la Grande île est devenue colonie française.

Soixante-quatre ans plus tard, à la veille de l'indépendance (26 juin 1960), elles furent rattachées par décret au ministère des DOM-TOM à Paris, au grand dam des Malgaches. Leur gestion a quant à elle été confiée à un préfet.

Depuis 1973, Madagascar continue de revendiquer officiellement ces îles, où la France a mis en place une présence militaire, devenue permanente depuis les années 1980.

"Ma volonté est que nous ayons un dialogue pour aboutir à une solution commune", a déclaré le président malgache, précisant vouloir rétablir les "choses qui n’ont pas été faites depuis 1896".

Ce à quoi Emmanuel Macron a répondu vouloir "lancer un travail conjoint pour aller vers une solution de développement commun dans la zone économique actuelle".

Cette discussion entre le président français et son homologue malgache intervient une semaine après un rebondissement dans un autre conflit territorial postcolonial dans l’Océan Indien. La Grande-Bretagne a en effet été contrainte par l’ONU de rendre à l’île Maurice l’archipel des Chagos.

Au cœur d’un litige international depuis son acquisition par Londres en 1965, l’archipel avait vu ses habitants chassés par les Britanniques afin d’y installer une base militaire américaine.

"Une question d’identité nationale"

"Je demande solennellement et officiellement à Monsieur le président de trouver une solution pour la gestion ou la restitution des îles Éparses à Madagascar, au nom des 25 millions de Malgaches, parce que je connais vos engagements", a déclaré le président malgache à son homologue français lors d'un point presse commun.

"Le peuple malgache porte encore en lui quelques séquelles de l'histoire […]. Nous devons retrouver notre fierté nationale, mais il y a encore une réalité qui nous fait mal", a-t-il poursuivi, assurant que "pour le peuple malgache l'appartenance des îles Eparses est une question d'identité nationale".

Une question d’identité nationale, mais dont l’enjeu principal est environnemental, selon le ministre des Affaires étrangères. "C’est une zone à biodiversité exceptionnelle, et il faudra bien trouver un moyen pour continuer à préserver cette zone", a-t-il expliqué, avant de rappeler que l’environnement était un des points principaux du programme d’Andry Rajoelina.

Ce dernier a d’ailleurs profité, mercredi 29 mai, du point presse commun donné avec Emmanuel Macron pour annoncer un résultat provisoire aux législatives favorable à son parti. Des résultats contestés, de même que la régularité du scrutin.

Sur le plateau de France 24, Naina Andriantsitohaina a lui aussi réagi et répondu à la polémique, estimant que le président est en droit d’annoncer ce qu’il estime être le résultat. "Nos opposants ne peuvent se prévaloir de leurs faiblesses organisationnelles pour nous reprocher d’annoncer un résultat provisoire", a-t-il lancé, précisant attendre les résultats définitifs de la Haute Cour constitutionnelle. "Nous respecterons la loi comme on l’a respectée au cours des élections présidentielles", a-t-il conclu.

Avec AFP

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