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Femmes et football : paroles de joueuses

À l'occasion du Mondial féminin qui débute le 7 juin en France, l'Unesco a organisé une conférence sur la place des femmes dans le football. L'occasion de découvrir le parcours de joueuses professionnelles.

Nadia Nadim a appris à jouer au football "dans une arrière-cour, derrière les murs, pour que personne ne nous voie…" C’est son père, général de l’armée afghane, qui l’a initiée au ballon rond avant que les Taliban ne l’assassinent. Réfugiée au Danemark alors qu’elle n’a que 10 ans, la jeune fille rejoint alors un club de football où, très vite, elle se fait une place. "Sur un terrain vous entrez, et vous faites partie du jeu", affirme l’attaquante, qui évolue aujourd’hui au Paris Saint-Germain (PSG).

Le récit de Nadia Nadim témoigne des vertus éducatives du football. Mieux, de ses capacités "d’inclusion et d’intégration pour les femmes ", comme l’affirme Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, qui a présidé, mardi 4 juin, au siège parisien de l’organisation, une conférence sur la place des femmes dans le football.

Le but de ce rendez-vous était clair : profiter de la Coupe du monde féminine, qui débute en France vendredi, pour promouvoir l’égalité des genres dans le sport, mais aussi dans tous les domaines de la société. Pour l’ancienne internationale française Candice Prévost, un tel événement sportif permet de créer "une ferveur populaire pour les femmes" et faciliter ainsi leur inclusion.

"Dès que j’ai commencé à jouer, je suis devenue différente"

Selon la Fifa, sur 270 millions de licenciés de football, seulement 33 millions sont des femmes. Le ballon rond, pourtant, peut s’avérer un vecteur d'émancipation efficace. "Dès que j’ai commencé à jouer, je suis devenue différente. Cela a changé ma vie", témoigne l’Émiratie Houriya al-Taheri, première entraîneure professionnelle de football dans le Golfe, qui voit dans ce sport une manière de "se réaliser". La footballeuse jamaïcaine Sherona Forrester partage ce même avis : "Quoi que vous vouliez accomplir, le sport est un véhicule important. Nous toutes, ici, représentons un rêve possible". À elle, il lui a notamment permis d'intégrer l'université.

>> À lire : Le Mondial féminin de football en chiffres

Les intervenants n’ont pas toutefois manqué de souligner que, malgré des changements significatifs récents, les objectifs sont loin d’être atteints, et les stéréotypes liés aux sportives toujours bien ancrés dans notre société. Dans leur rapport intitulé "Quand le football s’accorde au féminin", l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et l’Unesco montrent que les "commentateurs évoquent les joueuses en se focalisant sur leur apparence physique, leur tenue, leur statut familial ou marital, plutôt que sur leurs performances sur le terrain". Pour Audrey Azoulay, "il y a beaucoup de chemin à parcourir. Les grandes compétitions, c'est un moment médiatique, un moment d'attention [...] mais en soi, ce n'est pas suffisant".

Président du club de réflexion Sport et démocratie, l'ex-journaliste français Sylvère-Henry Cissé insiste sur la nécessité "de faire en sorte qu'il y ait de plus en plus de femmes dans la gouvernance" sportive : "Elles ne représentent que 0,17 % de la gouvernance du foot européen". "À l'échelle internationale, seules six femmes, issues des confédérations, participent au Conseil de la Fifa", soit 16 %, indique l'étude de l’Iris et de l’Unesco. Pas étonnant, dès lors, que Nadia Nadim juge "un peu vieux jeu" la façon dont la Fifa considère les filles...

Avec AFP

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