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Nicaragua : "Daniel Ortega est un traître de la révolution sandiniste"

Le Nicaragua fait rarement la Une de l'actualité en Europe. Et pourtant. Depuis le printemps 2018, le petit pays de quelque six millions d'habitants fait face à un mouvement de contestation sans précédent. À l'origine, un projet de réforme de la sécurité sociale qui a poussé la population dans la rue, demandant la démission du président Daniel Ortega, au pouvoir depuis 1979 (1979-1985, 1985-1990, 2007-). Malgré le retrait du texte, le pouvoir peine à calmer la colère. Et ce, malgré une répression violente d'après les ONG, qui comptabilisent plus de 300 morts, des milliers de blessés et plus de 80 000 personnes contraintes de quitter le pays. C'est cette réalité que raconte le documentaire "Nicaragua, patrie libre pour vivre", réalisé de façon clandestine par Daniel Rodriguez Moya. Le film, qui sera projeté lundi soir à Paris à la Maison de l'Amérique Latine et mardi soir à l'École des hautes études en sciences sociales, donne la parole à ceux qui sont au cœur de cette insurrection. "La répression n'a jamais été si forte, assure Bianca Jagger, présidente de la fondation éponyme pour la défense des droits de l'homme. Depuis la chute du pouvoir d'Evo Morales en Bolivie, Daniel Ortega s'est peut-être dit qu'il pouvait être le prochain. Alors, il n'y a plus de retenue : plus de 40 paysans ont été tués ces deux dernières années, dont sept depuis le début de l'année, de nombreux étudiants sont en prison et des journalistes sont persécutés". Des hommes armés ont attaqué un village indigène sur la côte caraïbe du Nicaragua, dans la nuit de mercredi à jeudi, tuant au moins six villageois tandis qu'une dizaine sont toujours portés disparus. Daniel Ortega, membre du front sandiniste de libération nationale à l'origine de la chute du dictateur Anastasio Somoza en 1979, est "un traître de la révolution sandiniste", dénonce Bianca Jagger. "Ce qu'il fait aujourd'hui est probablement pire que ce que faisait son prédecesseur".

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